Mini-atelier sur la démocratie liquide

Compte-rendu du mini-atelier (30min) du 5 juin 2026 donné par Sébastien

Déroulé des échanges

Présentation du concept de démocratie liquide

  • La démocratie liquide vise à résoudre le problème de représentativité en permettant à chaque personne de déléguer sa voix sur un sujet précis à une personne de confiance (proche, expert, influenceur).
  • Cette délégation est révocable à tout moment, ce qui limite les abus et permet de retirer la voix si la personne change de position ou perd la confiance.
  • L’idée s’inscrit dans une critique du système actuel où un élu est censé être compétent sur tous les sujets pendant plusieurs années.

Confiance et réseau social universel

  • La démocratie liquide repose sur une toile de confiance et un réseau social où les identités sont clairement établies.
  • En identifiant les personnes qui reçoivent le plus de délégations sur un thème, on fait émerger des autorités légitimes par la confiance collective, sans que chacun ait à donner un avis sur tout.
  • Un tel système pourrait permettre des débats plus apaisés, car seuls les porteurs de voix légitimes s’expriment.

Synergies avec les open badges, le porte-données et la reconnaissance des compétences

  • Les open badges (reconnaissance ouverte de compétences) pourraient renforcer la crédibilité d’une personne sur un sujet et l’aider à collecter des délégations.
  • Le porte-données (« sac à dos numérique ») intégrerait profils, contacts, porte-monnaie électronique et ces badges, facilitant les transactions comme les délégations de voix.
  • Une piste évoquée : créer un Nutri-Score des formations pour orienter les choix et valoriser les compétences utiles à la transition.
  • Le rapprochement avec l’ActivityBadges a été mentionné pour sortir les badges des silos et les rendre dynamiques.

Risques identifiés et mécanismes de régulation

  • Concentration des voix : risque qu’un milliardaire achète des voix ou qu’une personne cumule trop de délégations.
  • Pistes de protection : plafonds de délégations, obligation de rediriger les voix excédentaires, latence avant qu’une perte de voix ne prenne effet, pour stabiliser les prises de décision.
  • La révocation immédiate en cas d’abus est considérée comme un garde-fou fort.

Expérimentations passées et actuelles

  • En 2017, l’expérience de démocratie réelle avec Mavoie a mobilisé 350 candidats aux élections législatives, en s’appuyant sur des mouvements citoyens et un système de gardiens de l’intention pour préserver la confiance.
  • Une maquette antérieure (non détaillée ici) intégrait déjà des ambassadeurs et des médiateurs pour représenter des collectifs, notamment pour les personnes sans accès au numérique.
  • L’accent est mis sur la possibilité d’expérimenter dès maintenant dans le monde associatif, sans attendre une réforme institutionnelle. Cela donnerait une légitimité décisionnelle interne aux organisations.

Points techniques et gouvernance

  • Une blockchain a été évoquée comme solution technique possible, mais non nécessaire compte tenu des outils déjà disponibles.
  • La démocratie liquide est présentée comme une carte de compétences actualisable par le peuple, capable de « hacker » les dispositifs de participation citoyenne inefficaces.
  • Il a été rappelé que le fondement n’est pas technique mais repose sur la confiance collective et les processus de reconnaissance mutuelle.