« Il s’agit de s’attaquer réellement au problème, au défilement (scrolling), aux algorithmes. Il s’agit de traiter la question de fond liée à l’ingénierie. Si vous vous attaquez à cela, alors la question de l’âge n’est plus la question essentielle »
ping @julienfalgas
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Voilà qui s’attaque au modèle toxique : captation de l’attention et des données pour produire de l’influence.
Resterait à taper sur la monétisation de ce modèle via la publicité : interdire la pub ciblée, notamment sur les plus jeunes, tenir les plateformes pour responsables des publicités et de la propagation algorithmique de contenus qui enfreignent la loi, taxer sérieusement la publicité en ligne.
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Il y a un lien entre la conception des interfaces pour nous retenir en ligne et le modèle économique basé sur la publicité mais ce sont bien 2 aspects distincts.
On peut avoir :
- une conception éthique et un financement basé sur la pub (ex : Qwant) ;
- une conception manipulatrice et un financement sans “pub” (ex : des lobbyistes, politiques…).
Le modèle qui consiste à vendre de la publicité ciblée de manière algorithmique est toxique par nature et induit des conceptions nocives. Face à cela, la régulation des interfaces sera toujours en retard. Tandis qu’agir contre le modèle changerait radicalement les règles du jeu.
Tant que le modèle d’affaire n’est pas inquiété, les interfaces qui en découlent restent si lucratives que des alternatives éthiques ne pourront exister que dans des niches. De plus, la domination économiques des plateformes toxiques leur permet de s’imposer dans nos imaginaires. On peut envisager des déclinaisons plus éthiques de leur modèle, mais pas des alternatives réelles qui ne subiraient pas l’influence de choix de conception dictés par l’économie de l’attention.
Cela va très loin. Chacun des GAFAM dépense plus en R&D chaque année que la France entière dans sa recherche publique. Autant dire qu’ils tiennent des communautés scientifiques entières sous leur influence grâce à l’argent de la publicité.
Mais tu as raison de pointer du doigt des formes d’influence sans publicité. C’est exactement ce que fait Elon Musk avec X. On a ri du rachat de Twitter car ce n’était pas rentable… Mais Musk a acheté un outil d’influence avant tout. X tient nos décideurs politiques et nos journalistes sous emprise, c’est au moins aussi lucratif que la publicité ciblée pour le grand public qui traine chez Meta. Le modèle reste le même : on capte de l’attention et des données, et on les converti en influence. Raison pour laquelle il faut non seulement s’attaquer à la pub, mais aussi tenir les médias sociaux pour responsables de la propagation algorithmique des contenus - au même titre que n’importe quel éditeur de presse. Et exiger qu’ils affichent leur “ligne éditoriale”, quand bien même elle est implémentée sous forme d’algorithmes.
Voici un texte que Dominique Boullier et moi avions publié sur ces sujets : Interdire les réseaux sociaux aux mineurs : un frein aux alternatives vertueuses ?
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Merci Julien pour ces précisions et le lien vers ton article. 