Budget participatif / financement fléché

L’objectif fonctionnel est de permettre à n’importe quelle organisation (association, entreprise, collectivité, etc.) de gérer un nombre potentiellement important de campagnes de financement participatif, ponctuelles ou permanentes.
L’objectif plus profond est d’inciter des organismes à ouvrir leur budget en le splittant en différents sous-budgets autonomes qui correspondraient à différentes activités/responsabilités de l’organisme. Cela permettrait, idéalement de rendre « transparente » l’entité juridique de l’organisme et de mettre plus directement en relation les « internes » qui utilisent le sous-budget pour faire avancer un projet et les parties prenantes externes.

Exemples concrets :

  • une association écologiste locale essaye de trouver plus d’adhérents pour financer récurrente son activité juridique (coûts liés aux frais de justice). Avec un tel outil, elle pourrait séparer cette activité (et probablement d’autres) de manière visible, avec un budget défini pour l’année (et peut-être des dépenses exceptionnelles en cours d’année) et certains de ces adhérents particulièrement sensibles à ce mode d’action pourraient vouloir donner plus d’argent pour cette cause. Le découpage pourrait bien évidemment être fait d’une tout autre manière.
  • une municipalité pourrait proposer un nouveau service sans augmenter ses impôts : il serait financé exclusivement par les personnes qui le voudraient bien

On peut voir ça aussi comme du financement fléché au contraire du mode dominant actuel que l’on pourrait qualifier de « boîte noire ».

On peut pousser assez loin la logique d’ouverture de l’organisation et plus on pousse loin plus sa dimension « sociale » augmente :

  • partage d’informations sur les résultats obtenus
  • discussions entre les parties prenantes
  • décisions collégiales
  • etc.
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Bonjour Sylvain, suis intéressée sur ton ex de sous budgets autonomes, notamment dans le cadre d’une municipalité. Pour tout dire je suis engagée sur une liste pour les prochaines municipales et entre les enveloppes budgétaires qui n’augmenteront pas (au mieux…), les projets des habitants, qu’on aimerait pouvoir mettre en oeuvre, et notre souhait de faire participer les habitants à la construction de ces projets, je me dis que ton idée peut s’entendre dans ce ce cadre. Par contre j’imagine que sur une commune, cela doit répondre à certaines règles de droit public… est ce que tu as des exemples de communes ou d’associations qui ont déjà mis en place ce type de financement?

Bonjour Blandine,
J’ai mis cet exemple car il me plaît politiquement parlant car il est une alternative constructive à l’impôt. Mais malheureusement je n’ai pas d’exemples de réalisations de ce type de financement.
Ce que l’on voit le plus souvent et qui est nettement moins intéressant à mon avis, c’est une municipalité (souvent de taille conséquente) qui permet à ses administrés de flécher une petite partie de son budget. C’est généralement nommé « budget participatif », la somme est souvent assez faible en regard du budget total de la collectivité et surtout il n’y a pas de nouvelle contribution financière (volontaire) : c’est de l’argent « existant ».
Il y a peut-être une difficulté comptable et peut-être une impossibilité pour la collectivité publique à recevoir directement de l’argent, surtout s’il est « fléché », mais cela reste forcément possible en créant une autre structure juridique qui serait dirigée par la collectivité (ou mieux, avec une gouvernance partagée avec toutes les parties prenantes).
Bon courage et tiens-moi/nous au courant de vos avancées sur ce sujet si vous vous y engagez.

Si quelqu’un a des connaissances sur cette problématique de budget réellement participatif/contributif (dans des structures publiques ou privées) ou plus largement sur ce qui permettrait de faciliter le travail en profonde collaboration entre « gens de l’intérieur » et entre « gens de l’extérieur », cela m’intéresse beaucoup.

Je précise un peu l’idée d’application sur un point : il ne s’agit pas de créer une plateforme de financement participatif car cela pose des problèmes sur le plan financier. En effet, il faudrait que chaque instance de cette plateforme soit relié à un système bancaire pour recevoir les fonds ou alors qu’il y ait un intermédiaire de confiance qui centralise cette strate financière. Très compliqué pour la première option et beaucoup de responsabilité concentré pour la seconde. Cela pourrait se faire avec de la cryptomonnaie par contre, mais ça n’est pas ça que j’ai en tête pour l’instant.
Non il s’agit d’une application d’ouverture du financement d’une organisation. Toute la valeur réside à mon sens là-dedans. Rentre visible et ouvert le fonctionnement financier, de manière organisée et décentralisée, permettant le plus possible d’autonomie de fonctionnement.
Et la partie financière serait déléguée à plusieurs plateformes de financement participatif. Chaque instance pourrait connecter ses plateformes préférées. Il y aurait probablement différents niveaux d’intégration : une plateforme proposant une API riche permettrait une grande intégration avec pilotage de toutes les campagnes, alors que d’autres nécessiterait plus d’actions des deux côtés.

Pour moi, l’enjeu fondamental d’un tel outil c’est que la logique profonde du financement participatif devienne la norme plutôt que l’exception. Bien entendu il faudra adapter cette logique pour les budgets de fonctionnement et probablement trouver un moyen de l’hybrider avec les dons récurrents et ou les adhésions. Mais cela serait, à mon avis, vraiment salutaire de sortir du « tout adhésion » dans le monde associatif, du « tout impôt » dans le monde des collectivités et plus généralement de sortir de la posture où les « externes » (à l’organisation) ne peuvent contribuer qu’en donnant de l’argent et seuls les « internes » décident de ce qui est fait de cette argent.
Bien sûr, il faudra éviter le retournement total de cette situation qui donnerait tout pouvoir aux financeurs dépossédant totalement ce qui agissent réellement (ce qui est déjà le cas dans le joli monde de la philanthropie).

Bonjour,
Je fais partie de la CAE Optéos et nous fonctionnons en mode « Budgets contributifs » pour 1/3 du budget de fonctionnement de la coopérative, 1/3 pour les salaires et 1/3 pour les autres charges (loyers, logiciels, événements, …).
Voici la synthèse proposé par l’IA de Brave :

Un budget contributif est un outil de rétribution qui permet à un collectif de s’autogérer financièrement de façon transparente et démocratique, offrant une troisième voie entre le statut de salarié et celui de bénévole.
Il repose sur une enveloppe financière dédiée à financer les interventions de membres contributeurs, qui peuvent choisir librement les actions à mener et évaluer la compensation financière qu’ils demandent, en toute transparence au reste du collectif.
Cette rémunération, appelée « rémunération libre » ou « rétribution libre », se fait à posteriori, après avoir apporté son effort, et chaque membre décide seul du montant qu’il estime juste en fonction de critères tels que le temps et l’énergie investis, la pénibilité de la tâche, ses besoins financiers, la fourchette horaire établie par le groupe, ou encore la valeur qu’il perçoit dans le commun auquel il contribue.
Ce modèle favorise l’horizontalité, la confiance et la motivation, car il permet aux contributeurs de s’investir plus durablement en sachant qu’ils peuvent être rémunérés pour leur travail, tout en évitant les rapports de subordination.
Il a été expérimenté avec succès par des organisations comme ANIS-Catalyst depuis 2017, où il a permis de pérenniser des contributions auparavant non rémunérées et de renforcer les liens de confiance au sein du collectif.
Cependant, sa mise en œuvre nécessite une acculturation des membres au modèle, un accès aux outils numériques pour organiser le travail, et des statuts permettant de facturer (comme l’auto-entreprise ou la CAE).
Des outils comme LOOT sont en développement pour faciliter les déclarations de contributions et les demandes de rétributions.

Quelques liens :

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Merci @dominique.hebert pour ce partage d’infos très intéressant !

Ça n’est pas exactement ce que je cherche mais c’est complémentaire. Dans le budget contributif, si je comprends bien il s’agit de pérenniser les contributions en permettant aux contributeurs de se rémunérer librement, et ce de manière transparente. Cela amène un nouveau statut très intéressant, entre le salarié et le bénévole.

Mon focus (actuel) se situe plus en amont d’un point de vue financier : entre la personne qui donne de l’argent et la structure qui le reçoit. Il y a plusieurs points avec le budget collaboratif : la transparence, le partage du pouvoir de décision et l’objectif de pérennité.

On peut rassembler tout ça dans une refonte plus large du mode d’organisation qui articulerait transparence, gouvernance partagée entre toutes les parties prenantes, autonomie des acteurs et pérennité (financière mais pas seulement).
Il existe déjà probablement pas mal d’expérimentations dans ce domaine. Quand j’aurai un peu de temps je creuserai un peu plus ce sujet, qui n’est pas directement lié à Reconnexion… :grin:

Bonjour
Je ne sais pas dans quelle mesure cela se rapproche de ton idée, mais voici un exemple de financement citoyen de projets d’intérêt général: https://villyz.fr/

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