Compte-rendu d’un atelier proposé par Thierry Salomon pendant la résidence d’hiver (le jeudi). Synthèse réalisée par IA (à partir de la retranscription disponible en bas du post), puis revue et corrigée par Sébastien
Thierry Salomon est ingénieur énergéticien, vice-président de négaWatt (scénario énergétique France 2070) et fondateur de l’Archipel des Confluences. Actif au sein de l’association Les Jours heureux, inspirée par le programme du Conseil national de la Résistance (CNR). C’est dans ce cadre qu’est née la réflexion sur la coopération inter-organisations.
Le modèle de l’archipel
Constat de départ
Les organisations engagées (associations, collectifs, etc.) sont nombreuses mais dispersées, ce qui génère de l’entropie. Le besoin identifié est de créer de la coopération sans imposer une structure pyramidale (fédération, syndicat).
Fondement conceptuel : les deux identités (Édouard Glissant)
Le modèle s’appuie sur la pensée d’Édouard Glissant, qui distingue deux formes d’identité :
-
L’identité-racine : l’histoire propre, la culture interne d’une organisation.
-
L’identité-relation : la capacité à se relier aux autres, à co-construire.
L’objectif est de développer l’identité-relation sans abandonner l’identité-racine. Les deux doivent croître ensemble.
Référence historique : Claude Alphandéry
Figure de la Résistance dans la Drôme, récemment décédé. Il a unifié les organisations de résistance locales à la demande de De Gaulle et Jean Moulin. Son expérience illustre la possibilité de coopération entre groupes rivaux et de transmission intergénérationnelle (résistants âgés et jeunes réfractaires au STO).
Vocabulaire et instances
Le modèle utilise un vocabulaire métaphorique maritime :
-
Les îles : les organisations membres (de tailles variées).
-
Le lagon : l’instance de discussion collective, équivalent d’une assemblée générale. Symboliquement « au niveau de la mer » (pas un sommet hiérarchique). On y convie tout le monde. Les décisions se prennent par consensus/consentement. Le lagon se remplit du commun produit.
-
Le voilier-atelier : une instance exécutive/opérationnelle (max 15 personnes). Crée et maintient les outils, assure la logistique, se déplace « d’île en île ». Suit une feuille de route définie par le lagon et ne doit pas devenir une instance politique.
-
Les pirogues : groupes de travail thématiques, à durée courte (quelques mois à un an), avec un objectif précis et un livrable défini. Autonomes par rapport au lagon (qui est informé, pas décisionnaire). Ouvertes à des personnes extérieures à l’archipel.
L’association support
L’Archipel des Confluences n’est pas constitué en association. Une association support distincte a été créée pour les besoins logistiques et juridiques (compte bancaire, location de salles, abonnements numériques, assurance). Elle n’a pas de fonction politique. Elle comporte deux collèges : personnes physiques et personnes morales (les îles). Thierry la compare à un GIE (groupement d’intérêt économique).
L’archipel des confluences en pratique
Organisations membres
Six organisations : Mouvement Utopia, Mouvement Convivialiste, Archipel de l’Écologie et de la Solidarité, Osons les Jours Heureux, Labo Furtif, Alters Media
Pirogues réalisées ou en cours
-
Géo-Terra : géopolitique, géo-économie, questions terrestres.
-
Europe : document d’une trentaine de pages produit pour les élections européennes.
-
Refaire société : problématique de la société française.
-
Points aveugles : identification de 53 questions difficiles, habituellement esquivées (ex. anonymat sur les réseaux sociaux, nucléaire). Travail de caractérisation réalisé ; étape suivante : traitement thématique par petits groupes.
-
Nucléaire : en cours.
Initiative Humus
Depuis un an et demi, l’archipel des confluences s’est rapproché d’autres collectifs (CAC, MES — Mouvement pour l’Économie Sociale et Solidaire, etc.) pour créer l’initiative Humus : un espace de convergence pour « faire du terreau » et faire émerger des actions communes. Stratégie dite « du ricochet » avec des rencontres successives, dont un rendez-vous prévu à l’université Utopia (mi-septembre 2027).
Outils de communication
Trois outils complémentaires sont utilisés :
-
Listes de discussion email : communication rapide, chaque pirogue a sa liste.
-
Deux wikis YesWiki : capitalisation, agenda partagé, partie publique/privée.
-
Forum Discourse : échanges élaborés et écrits, mis en place depuis septembre. Nécessite un travail de modération et de structuration.
Le wiki capitalise, le forum permet le débat, le mail coordonne.
Sociologie des participants
Thierry le reconnaît : l’archipel est composé majoritairement d’hommes âgés, retraités, blancs, militants de longue date, proches d’Edgar Morin. Peu de jeunes, peu de diversité sociologique. Le fonctionnement repose sur le bénévolat et des moyens financiers quasi inexistants (quelques milliers d’euros de dons).
Discussion sur l’applicabilité à Reconnexion
Reconnexion : île ou archipel ?
Question centrale soulevée par Sébastien : Reconnexion est-elle une île parmi d’autres dans un archipel plus large, ou bien est-elle elle-même un archipel (avec le lagon comme espace de gouvernance ouverte de la SCIC) ? Ou les deux ? La question reste ouverte.
Points soulevés par les participants
-
Limites des métaphores : utiles en première approche, mais insuffisantes pour comprendre le fonctionnement réel. Risque de construire une superstructure qui vide la base de ses forces.
-
Nécessité d’un récit de transformation : écrire un document court (10 pages), argumenté, ancré dans le quotidien (logement, énergie, alimentation), montrant que des alternatives existent déjà et peuvent être diffusées.
-
Diversité sociologique : point jugé central, insuffisamment traité dans l’archipel. Conseil donné à Reconnexion d’en faire une priorité.
-
Identité-racine commune : nécessité de travailler longuement sur ce que l’on partage vraiment avant de discuter des divergences. Projet de « trésors cachés d’humanité » : commun d’informations autour de 50 expériences exemplaires.
-
Capitalisation des connaissances : le forum permet l’échange mais pas l’extraction et la structuration des savoirs. Le wiki est un outil de capitalisation mais nécessite un travail permanent de structuration. L’IA est évoquée comme piste possible.
-
Place de Reconnexion : l’intuition est que Reconnexion pourrait faciliter le développement de l’identité-relation entre collectifs, sans les forcer à se dénaturer.
-
Interopérabilité logicielle : les applications existantes sont des « îles forteresses ». La coopération technique est difficile même quand la volonté existe. Stratégie proposée : inciter les organisations à tester de petits projets sur des architectures décentralisées.
-
Hacker l’existant plutôt que dupliquer : exemple des Ğ-Marchés (monnaie libre) et d’extensions web pour injecter des annonces alternatives dans Le Bon Coin, plutôt que de concurrencer BlaBlaCar ou autres.
-
Comptabilité du bénévolat : demande d’un outil simple (type smartphone/Tricount) pour comptabiliser les heures bénévoles par pirogue. L’outil TiBillet (alternative à HelloAsso, avec volet valorisation du bénévolat) est signalé.
-
Communs par connaissances communes : chercher un socle de connaissances commun risque de fabriquer des silos sociaux. La connaissance démocratique implique d’accepter des certitudes différentes.
Transcription améliorée (par IA)
Locuteur 2 : Bonjour à tous. Je vais vous parler un peu de l’archipel. Un petit peu de présentation. Je m’appelle Thierry Salomon. Je suis de formation ingénieur énergéticien. J’ai travaillé beaucoup sur les problématiques d’énergie renouvelable, et également sur la prospective énergétique. C’est pas la discussion de tout à l’heure, mais j’y ai contribué. J’étais un temps président et je reste toujours vice-président de négaWatt, qui est en train de reprendre son travail avec une vingtaine d’experts autour d’un scénario énergétique pour la France qui va nous porter jusqu’à 2070. Ça, c’est une question de prospective. Je peux en parler avec ceux que ça intéresserait. Mais parallèlement, j’ai aussi été assez actif avec une organisation qui s’appelait les Jours heureux, dont l’idée était de dire reprenons ce qui a été fait notamment au travers du Conseil national de la Résistance, où derrière, il y a un manifeste des Jours heureux qui a en fait eu un rôle très très important sur les années 45, 46, 47, etc. Et il s’est fait de façon collective, c’est-à-dire avec des gens qui, en plus, étaient dans des conditions évidemment extrêmement difficiles de la Résistance, sur des gros regroupements qui se sont faits à la fois avec des syndicats, avec des… On a travaillé à ce moment-là avec des gens que vous connaissez peut-être de nom, bien sûr, et bien d’autres. On a fait des livres, c’est pas nécessaire.
Et petit à petit est venue ensuite au niveau de ce groupe l’idée qui a consisté à dire, bon, on est un peu tout seuls, il y a d’autres groupes, comment faire en sorte que ces groupes puissent coopérer au mieux. Et est-ce que derrière, la bonne formule est celle d’une fédération, celle d’un syndicat, celle d’une association ? On essaie de réfléchir à une formule un peu différente, je vais dire, qui n’est pas horizontale, qui n’est ni très horizontale, ni très verticale, et qui essaie de faire en sorte que les groupes puissent, les groupes de façon très diverse, ça fait des associations déclarées ou non, etc., puissent mieux coopérer et puis créer ensemble du commun. Moi, je suis très sensible au fait qu’on a énormément de choses qui sont de tous les côtés. Et il y a aussi beaucoup de dispersions en termes un petit peu énergétiques. C’est de l’entropie. Il y a beaucoup de créations d’entropie. Et j’aimerais qu’on crée un peu plus d’exergie.
Alors, une petite présentation de la façon dont on a fonctionné. Au départ, on a évidemment fait un constat de nos fragilités opérationnelles, politiques, financières, etc. Je pourrais vous passer ça. Je ne vais pas tout lire, bien entendu. Et donc l’idée a été de dire que finalement, on est un peu comme des îles qui sont éparpillées dans un océan. Et chacune des îles, bien entendu, c’est toutes des organisations. Comment l’archipel arrive à fonctionner ensemble ?
Et surtout, un point qui est important pour nous, c’est de travailler autour des identités. Et pour ça, on est assez inspirés par l’écrivain et poète martiniquais Édouard Glissant, qui, dans ses écrits, a identifié deux identités. Une identité-racine, c’est la racine propre, l’histoire d’une organisation, etc. Et en fait, on est, si je prends Reconnexion, certainement extrêmement attachés à cette histoire et à une continuité, etc. Mais en même temps, il y a une autre identité qui est celle de l’identité relationnelle. C’est-à-dire, effectivement, Reconnexion a le désir de travailler avec d’autres organisations, etc. Et finalement, on arrive à faire en sorte que ces deux identités, il faudrait en quelque sorte qu’elles puissent croître, toutes les deux, c’est-à-dire ne pas abandonner l’identité-racine, bien entendu, mais en même temps, si on n’est que sur l’identité-racine, eh bien, derrière, on va évidemment, au bout d’un moment, tourner les uns sur les autres et ne pas s’enrichir. En même temps, si on est uniquement dans l’identité relationnelle, on n’est pas non plus dans la consolidation de quelque chose.
Alors, à partir de cette idée d’archipel, on s’est dit comment faire. Et puis l’idée est quand même de comprendre que beaucoup d’organisations restent un peu dans leur précarité, ne progressent pas et derrière on a même, sur certains collectifs, on s’aperçoit en fait qu’il y a un manque à ça. Bien entendu, ce qui est intéressant, c’est de passer de la relation à la reliance, de se relier aux autres, au monde, d’avoir une reliance collective, une reliance à soi aussi, parce qu’il ne peut pas… Il y a aussi des transformations personnelles, c’est évidemment important.
Alors, du coup, comment essayer de travailler en archipel ? Et on a essayé d’inventer, au travers de quelques mots, de mettre un peu d’imaginaire derrière ça, un peu d’imaginaire politique. Je vais parler un petit peu des termes. Alors au début, c’est une organisation un peu sérieuse, on va voir ce que c’est que ce truc-là. Et finalement, je pense qu’il y a une forte adéquation entre le mot utilisé, l’imaginaire, et ce qu’on veut faire avec. J’essaie d’être précis un petit peu.
D’abord, l’idée, c’est d’inventer une nouvelle forme de gouvernance, d’organisation, évidemment non pyramidale, non hiérarchique, qui soit, par contre, qui reste fluide, souple, inclusive et, évidemment, aussi opérationnelle. L’opérationnalité, pour moi, est extrêmement importante. Il faut aussi, derrière, que le groupe en question puisse travailler sur un certain nombre de choses, créer du commun, etc.
Alors, on a évidemment derrière les îles, l’idée de créer une synergie sur l’ensemble des îles pour développer leur identité relationnelle. Les îles, vous avez compris, c’est les différentes organisations. Alors il peut y avoir des petites îles, des micro-îles et puis des îles plus importantes. Pour arriver à ce que tout ça arrive à fonctionner ensemble. Et en même temps, il faut aussi que quelque part, elles puissent discuter ensemble et avoir un processus d’organisation, de décision, de collectif, etc.
Alors ce processus, on l’a appelé le lagon. Alors pourquoi le lagon ? J’aurais pu choisir l’assemblée générale, ça aurait été un peu plus classique. Pourquoi le lagon ? Parce que le lagon, en fait, il est au niveau de la mer. C’est-à-dire qu’en gros, la symbolique est de dire que les représentants des îles qui se réunissent autour d’un ensemble, mais qui n’est pas un sommet, c’est pas un sommet, en quelque sorte, c’est exactement l’inverse. Et finalement, le lagon en question, on le remplit au fur et à mesure du commun qu’on arrive à créer.
Alors après, évidemment, il faut que ça fonctionne. Il faut qu’entre les îles, il y ait derrière un peu d’opérationnalité. D’où l’invention de ce qu’on a appelé le voilier-atelier. Alors le voilier-atelier, c’est une instance. Actuellement sur l’archipel des confluences, on est à peu près une quinzaine, plus ou moins présents, mais on est à ce niveau-là. Donc un équipage, en quelque sorte, d’une quinzaine, et qui est au service de l’ensemble des îles et de la communauté. Alors le voilier-atelier se déplace en quelque sorte d’île en île, travaille au service de l’ensemble de la communauté. C’est lui qui va créer des outils, c’est lui qui va assurer leur maintenance, leur diffusion, etc. Donc il y a un rôle effectivement opérationnel.
Alors pourquoi le voilier ? Parce que quelque part, ce n’est pas une petite embarcation, ce n’est pas un canot. Derrière, il y a des moyens. Et puis atelier, dans la mesure où ça exprime aussi l’aspect opérationnel de ce qu’on veut. Donc, par exemple, toute la partie numérique, et ce qu’on fait, qu’on essaie de développer, les outils, etc., sont pilotés, maintenus par le voilier-atelier. Mais la difficulté, c’est qu’il ne faut pas que le voilier-atelier, bien entendu, s’approprie l’organisation d’ensemble, pilote, devienne une instance politique. C’est une instance exécutive qui est, en quelque sorte, qui suit une route, une feuille de route, qui est, elle, définie par le lagon.
Alors donc, on a cette assemblée du lagon ici. Voilà, je ne détaille pas ici, mais l’idée est bien d’avoir une instance qui permet des discussions collectives sur l’ensemble. Avec des reconnaissances, ça marche plus ou moins en fait. On n’est pas très structurés derrière. C’est-à-dire qu’en fait, ça fonctionne relativement assez bien au niveau du consensus et du consentement. Pour l’instant, il n’y a pas besoin non plus au niveau des tailles d’avoir une structuration qui soit très importante.
Ça, c’est la partie du voilier-atelier, au service de l’ensemble des… C’est un outil qui est au service de la…
Locuteur 3 : Oui, c’est physique ça, le voilier-atelier, ou c’est une métaphore ? Je sais que métaphoriquement ça marche, mais est-ce qu’en plus il y a un espace physique ? Tu veux nous montrer un autre exemple ?
Locuteur 2 : Non, non, non, c’est complètement métaphorique. C’est une métaphore. Dommage, dommage. Oui, je te le dis. C’est un peu dommage, mais c’est entièrement métaphorique. Si tu veux, la métaphore, je l’ai un peu expliqué sur le lagon, je l’ai un peu expliqué sur le voilier, c’est-à-dire on a essayé de trouver des mots. On aurait pu mettre « groupe exécutif ». C’est pas terrible.
Au début, ça interpelle, et je vais en parler après sur les pirogues. Il y a des gens que ça interpelle.
Donc, il y a différentes missions de ce voilier-atelier. L’assistance aux îles en matière d’entraide à l’intérieur des membres, la mise en commun de services, mutualisation des moyens, le développement des compétences, le soutien aux…
Donc, le lagon et le voilier-atelier sont bien sûr complémentaires. Distincts et complémentaires. C’est très important.
Pour les équipages du voilier-atelier, je passe pour parler ici, en fait, de l’ensemble.
Après, derrière, ce qu’on a imaginé, c’est de faire en sorte qu’un certain nombre d’actions puissent se dérouler avec des petits groupes de travail. Alors là aussi, on aurait pu appeler ça un groupe de travail ou autre chose. Donc nous, on appelle ça les pirogues. Pourquoi les pirogues ? Parce que là, je développe un tout petit peu la métaphore. En fait, une pirogue, c’est une petite embarcation. Autrement dit, les piroguiers qui vont embarquer sur la pirogue ne vont pas partir pour traverser l’Atlantique. Ils vont partir et revenir. Donc il y a une phase de construction de la pirogue, en quelque sorte, de proto-pirogue, qui se passe sur le sable. C’est le pré-projet. C’est le moment où les gens vont se réunir un peu par rapport à un projet et décider de ce qu’ils font de ce projet. Une pirogue, c’est une action assez courte, quelques mois, un an, qui peut éventuellement se renouveler, une action courte avec un objectif qui est bien déterminé au départ ensemble, si possible. Et le nom va arriver.
Après, derrière, on embarque, une fois que la pirogue est construite, on embarque les piroguiers dans la pirogue, qui travaillent sur le projet en question. Alors, quand ça se passe bien, le projet se termine. Ici, on passe éventuellement à une autre phase du projet. Mais l’intérêt, quand même, à mon avis, c’est d’avoir des projets assez courts sur lesquels on se dit, bon, OK, on est arrivés. C’est-à-dire qu’en gros, ne pas se fixer de sauter 2,40 m, mais par contre se faire plaisir en sautant 1,40 m.
Ça me paraît assez important. Et puis en même temps, il y a quelque chose qui est très intéressant, c’est si on est sur une pirogue, il faut que tout le monde pagaie en même temps. Et de façon un peu synchrone. Donc on apprend aussi à travailler. C’est-à-dire que ce n’est pas uniquement on se réunit et puis on y va. C’est non, on commence. On commence à pagayer. On peut y avoir des gens sur la pirogue qui reviennent à la nage sur la rive. Il y a des pirogues qui ont été perdues corps et biens. Il y a aussi d’autres cas.
Enfin, voilà un petit peu l’idée sur des choses relativement courtes. Et donc, je citerai tout à l’heure quelques pirogues qui ont été mises en place. Ça, c’est une explication du lien entre les pirogues.
Alors, j’en viens maintenant à cet archipel qu’on appelle l’archipel des confluences. Alors, pourquoi confluence et pas convergence ? La confluence, plusieurs ruisseaux, plusieurs fleuves, des rivières qui ont quand même réussi à converger et créer un commun qui est quelque part le fleuve.
Là, pour l’instant, on a six organisations qui sont là-dedans. L’archipel, historiquement lié aux Jours heureux, qui était un peu historique par rapport à ça. Les convivialistes, que vous connaissez peut-être, c’est un groupe un peu philosophique qui a travaillé sur un manifeste convivialiste. Utopia. Et puis, une autre organisation qui s’appelle le Labo furtif. Et puis l’archipel de l’écologie et des confluences, qui lui s’est plutôt orienté sur des problématiques un peu plus politiques à un moment donné. Et puis, un média, où des gens sont forts sur la partie média, qui s’appelle Altères.
Et là, je vais détailler un peu. Oui, là, c’est ce qu’on veut, parler des partenaires aussi, comme je pense le CAC. Oui, c’est ça, d’accord. Une petite illustration, mais peut-être pas très lisible. Merci. Je vais dire un mot là-dessus pour l’expliquer. En fait, le cœur du système, il est là : le lagon, au-dessus du voilier-atelier. Et puis, un autre point qui est important, c’est, à un moment donné, c’est de se dire, est-ce qu’on crée une association autour de l’archipel des confluences ? Et la réponse a été non, en termes d’association déclarée, en disant non, il vaut mieux que derrière, on ne donne pas à l’archipel des confluences une structuration associative classique. Par contre, on a quand même besoin de faire… On a besoin d’exister, d’être déclarés, de gérer quelque chose, derrière d’avoir des abonnements sur des problématiques numériques, etc. Et donc on a créé un outil qui s’appelle… une association support, en quelque sorte, support de l’archipel des confluences, mais elle est une association déclarée, et c’est elle en fait qui va être l’organe, je vais dire, légal, représentatif, etc. De l’ensemble. Si par exemple, on a besoin d’une salle qu’on doit louer, c’est cette association qui loue, qui est même assurée pour le faire, etc. Donc toute la partie logistique, en quelque sorte, est reportée là-dessus. Mais ce n’est pas une partie politique. En gros, l’association support, elle est au service de, sur le plan technique, logistique, elle est au service de l’ensemble des autres. Mais elle ne doit pas avoir de fonction politique.
Et donc, il y a un triangle, en quelque sorte. Tout est articulé autour de ce triangle. Alors, raccroché à ce triangle, on a les différentes îles qui sont ici. Et puis les différentes pirogues.
Un schéma d’ensemble que vous pouvez retrouver sur le site.
Il y a différentes pirogues qui sont en activité. Il y a une pirogue qui s’appelle Géo-Terra, qui, elle, s’occupe à la fois des questions géo-terrestres, géo-économie et géopolitique. Donc là, on est plutôt sur l’international, sur la problématique terrestre. Une pirogue qui a beaucoup travaillé à un moment donné sur l’Europe, sur le questionnement de quelle Europe le monde a besoin. Elle a sorti un document qui est là.
Locuteur 4 : J’ai bien compris plein de choses, mais pas qui est dans le lagon. Est-ce que c’est des représentants des îles où tous les membres individuels sont conviés ?
Locuteur 2 : Non, alors, pour l’instant, on convie tout le monde. C’est comme des sortes d’assemblées générales.
Locuteur 4 : Et pareil dans les pirogues, les pirogues peuvent venir de plusieurs îles.
Locuteur 2 : Ah oui, tout à fait. Et même d’ailleurs. Et même d’ailleurs, dans les pirogues, on peut inviter des personnes extérieures, des personnes de l’extérieur, etc. La pirogue est ouverte.
Locuteur 4 : Il y a des pirogues qui concernent quand même plus spécifiquement deux ou trois îles.
Locuteur 2 : Ah, bien sûr. Par exemple, l’Europe, il y a au moins quatre îles qui étaient concernées. Et puis on a amené, on a créé à ce moment-là des réunions où l’on a fait venir des gens qui étaient plus experts, etc., qui montaient dans la pirogue. Ce n’était pas dans la pirogue, c’était plutôt en consultance ou invités en quelque sorte à naviguer un petit moment.
Locuteur 4 : Et du coup, si tout le monde est convié au lagon, pourquoi quand tu as présenté le lagon, tu as montré qu’il y avait des points différents et qu’on pouvait faire des rencontres différentes ? Je ne sais pas ce que tu veux dire.
Locuteur 2 : Parce que ça, c’est là. Je dirais que c’est… Comment dire ? C’est une option d’organisation qui pourrait correspondre à un archipel très très vaste. En réalité, actuellement, lorsqu’on a un lagon, on fait une invitation générale. On n’a pas eu jusqu’à présent besoin de rentrer dans un système… Ce serait comme des sous-lagons dans le lagon.
Locuteur 4 : Oui, en quelque sorte.
Locuteur 2 : On n’a pas eu besoin, si tu veux, de rentrer dans des systèmes de mandat. Si, on pourrait le faire. Ce n’est pas exclu. En ce moment, si tu veux, les décisions du lagon se font de façon…
Locuteur 5 : Le schéma avec les trois, autour du lagon et entre les différentes îles ou sur la mer, ça permet aussi d’expliquer la notion d’identité-relation ?
Locuteur 2 : Non, pas forcément. Là, c’était plutôt une représentation, je vais dire, qui finalement est un peu théorique pour l’instant et qui pourrait fonctionner. Ce que j’ai présenté là ne représente pas très exactement ce qu’on fait au niveau de l’archipel des confluences. C’est plutôt une vision un peu plus générique en se disant, si on a 15 organisations et dans les organisations, il y a des gens très différents, comment on va faire en termes de représentation et de mandat ? Après, derrière, c’est assez classique.
Locuteur 5 : Oui, c’est toujours pour bien comprendre par rapport à l’identité-relation. Dans ce que j’ai compris jusque-là, chaque île a une identité-relation différente des autres îles, et son identité-relation n’est pas qu’avec des îles, mais aussi avec l’extérieur.
Locuteur 2 : Absolument. Absolument. Absolument. Vous avez fait une définition générale : l’idée de développer l’identité-relation pour en fait conforter à rebours l’identité-racine.
Il y a une pirogue également qui s’appelait « Refaire société » aussi, qui a travaillé sur la problématique de la société française. Et une pirogue, ici, qui est en cours de travail, qui était assez intéressante, qui était sur ce qu’on appelait les points aveugles. Autrement dit, on a, à mon avis, beaucoup de questions qui restent des questions sans réponse, qui ont besoin d’être travaillées. Alors on les retrouve dans les programmes politiques, on les retrouve un peu partout, etc. Et c’est souvent des points un peu aveugles, mais souvent des points difficiles qui sont de toute nature. Un exemple ? Par exemple, un exemple… Est-ce que dans les réseaux sociaux, tout à l’heure, est-ce qu’il faut derrière que les réseaux… Faire en sorte que les réseaux sociaux continuent à… Qu’on puisse être anonyme dans un réseau social. La question de l’anonymat, par exemple, est une question importante. Parce que derrière, on le voit bien sur la somme des réseaux sociaux, qui est anonyme balance n’importe quoi. Est-ce que, par contre, si tu n’es pas anonyme, comment tu t’engages dans ce domaine ? Ça pose aussi d’autres problèmes. Voilà le genre de questions. Il y en a plein. On a terminé comme ça, je crois, 53 questions, qui mériteraient… Donc le travail de la pirogue, ça n’a pas été de répondre sur ces questions, ça a été de bien identifier ces points aveugles et de les décrire en quelques lignes.
Maintenant, on passe à une autre étape qui consiste justement sur des petites pirogues ou des groupes de travail à réunir quelques questions, par exemple, celles qui relèveraient, je ne sais pas, de l’éducation ou de la défense, et travailler dessus. Ça aussi, c’est ouvert.
Et puis, le final, c’est d’essayer d’en ressortir, je dirais, des constructions de dissensus.
Locuteur 6 : Tu as dit tout à l’heure que les pirogues avaient un objectif assez clair, assez précis, une durée de vie assez courte. Et là, je ne le retrouve pas tellement. On dirait plutôt que c’est des sujets de travail un peu permanents sur une thématique assez large.
Locuteur 2 : Non, parce que je n’ai pas mis l’objectif. D’accord. Par exemple, sur l’Europe, l’objectif, c’était au moment des européennes, l’objectif, c’est de dire qu’on sort un document d’une trentaine de pages sur le sujet. On a une durée pour le faire.
Locuteur 6 : D’accord.
Locuteur 2 : Et de la même façon, sur les points aveugles, l’objectif, ça a été, dans un premier temps, de lister, dans un brainstorming, en gros, l’ensemble des points aveugles, et de les caractériser.
Locuteur 6 : D’accord.
Locuteur 2 : Et après, de dire, ça passe sur autre chose. Ça me paraît important de ne pas se lancer dans des trucs sur lesquels les gens s’épuisent. C’est sans fin. C’est sans fin, ça s’épuise. Et de faire par étapes. Et si on avait ce sujet-là, on s’est lancé dans cette pirogue, est-ce qu’on peut imaginer que d’autres personnes qui sont à l’extérieur puissent apporter effectivement, alimenter les questions ? Alors, se pose après derrière la question de comment alimenter la… Et donc des outils. J’en parlais un peu à la fin.
Par exemple, sur la question que je viens de poser, il y a une question d’échange. On a déjà vu tout à l’heure dans la discussion.
Locuteur 7 : Oui, je suis en train de me dire qu’en fait toutes les données, les réflexions, les productions, en fait, on n’a pas de notion de bibliothèque ou de lieu où on stocke les… Là, vous pourriez imaginer un cargo, je ne sais pas, il y a ce commun de données. Il n’y a pas cette métaphore par rapport au commun de production de connaissances.
Locuteur 2 : Je vais le dire, mais effectivement, je ne sais pas si je vais terminer. Voilà.
Donc, il y a une autre pirogue sur le nucléaire.
Alors, enfin, c’est sur le volet élargi de l’archipel. Alors, un point quand même important ici, c’est que maintenant, depuis un an et demi, à peu près, un petit peu moins, un an et demi, on s’est dit, bon, OK, on est, nous, archipel des confluences, mais il y a d’autres collectifs. Il y a ici le CAC, le Collectif d’Associations Citoyennes, le MES, le Mouvement pour l’Économie Sociale et Solidaire, le Collectif d’Alternatives Citoyennes, etc. Et donc il y a eu des échanges. Et derrière, on a initié ce qu’on a appelé l’initiative Humus. C’est-à-dire, en gros, l’idée de dire, on essaie déjà de travailler ensemble pour que sorte, pour faire de l’humus, pour faire du terreau, pour que sorte à ce moment-là un certain nombre d’actions. Donc Humus, ce n’est pas pour réaliser les actions, c’est une convergence pour se retrouver ensemble et derrière, faire sortir un certain nombre de choses. Donc dans l’humus, on est en quelque sorte les jardiniers, quelque part.
Donc, je termine sur les… Bon, ça, je ne vais pas vous décrire, c’est toute l’historique, en quelque sorte, de ce travail qui a été fait depuis… Et initié bien avant, mais que j’ai repris à partir de 2022, jusqu’à l’initiative Humus, toute une série de rencontres. On a fait un boulot tout à fait intéressant, là ici, tu peux trouver le dossier de l’Humus, qui est là, qui est d’interroger autour de cinq questions clés des responsables, justement, de collectifs et d’associations. Donc, ces cinq vidéos de 30 minutes à peu près sont fort intéressantes.
Et puis là, on est sur une stratégie. On appelle la stratégie du ricochet. Ici, à partir d’une rencontre qui a eu lieu, à partir de la rencontre de janvier, ici, derrière, on essaie de s’organiser avec peut-être un autre point de rencontre qui serait un lieu un peu pas encore déterminé. Et puis un point de rencontre important qui aura lieu à l’université Utopia, qui est mi-septembre 2027, en l’occurrence, je vous convie bien sûr à venir.
Alors, je termine sur les outils de communication. Ici, on a eu besoin de travailler ensemble, de faire du commun, d’avoir des outils. Et donc, le choix s’est porté sur un site, sur un wiki, sur du YesWiki, pour ceux qui connaissent. Donc, je vais montrer ça derrière. Donc, c’est un outil qui, maintenant, est en place. Un outil qui permet de bien gérer, je trouve, les échanges, un agenda partagé, etc. Avec une partie publique et une partie privée, et de faire en sorte qu’on arrive à accumuler des informations, des outils de recherche, etc. Ça, c’est un premier outil. Et puis un deuxième outil qui a été créé, un deuxième wiki.
Donc il y a ces deux wikis qui existent. Et puis évidemment, on a fait aussi des listes de discussion, des choses classiques en termes d’email. Par exemple, chaque pirogue a sa liste de discussion. Pour gérer les choses.
Et pour finir, ici, la liste des discussions. Le wiki est intéressant en termes d’échange. C’est vraiment un outil d’échange. Et donc, on a mis en place maintenant, depuis quelques mois, depuis cet été, depuis septembre, un outil de forum. Un forum Discourse. Et qui maintenant commence à être pas mal alimenté et qui est à mon avis l’outil complémentaire. Je pense que l’idée c’est de travailler finalement avec trois outils complémentaires : le mail, mais en faisant attention à ne pas… Il y a une surabondance de mails inutiles, etc. Donc, uniquement, je vais dire un petit peu comme un complément de WhatsApp. C’est le texte et l’écrit, ce n’est pas la réactivité de l’instantané. Pas trop, mais c’est important sur un petit groupe. Deuxièmement, le wiki qui permet, lui, de capitaliser, à condition qu’il soit bien structuré, à condition que quelqu’un fasse l’entretien, la maintenance, la structuration. Et puis la partie forum qui, elle, permet d’avoir des vrais échanges. Et une des idées sur les points aveugles, je termine là-dessus, c’est de faire en sorte que ces points aveugles, certains de ces points aveugles, puissent être traités à partir d’un questionnement sur le forum.
Par exemple, sur ce que j’ai dit, la question de l’anonymat sur les réseaux sociaux, il faut y avoir une question, un petit mot explicatif pour cadrer un peu les choses, puis après les gens s’expriment par rapport à ça. Ce qui est assez intéressant, c’est que là, c’est une expression écrite qui est quand même un peu élaborée. On n’est pas sur le « oui, c’est bien ». On n’est pas sur le fameux « oui, c’est bien » qui est renvoyé dans une liste de discussion à 100 personnes. On n’en a rien à faire. Moi, je crois beaucoup à la complémentarité de l’ensemble de ces outils. Voilà.
Je vous donne un mot sur la communication externe, ça c’est un peu plus classique. Et voilà.
Si vous avez des questions par rapport à tout ça.
Locuteur 8 : Moi je voudrais préciser une chose. Je voudrais préciser une chose qui m’est chère. L’autre fois d’ailleurs, je l’ai évoqué, je l’ai évoqué auprès de certaines personnes, c’est autour de la notion d’archipel. C’est très philosophique, diraient certains. L’une des étymologies principales d’archipel, c’est « la grande mer », en grec ancien. C’est-à-dire qu’au cœur même de l’archipel, ce ne sont pas les îles, c’est l’océan, c’est la mer. C’est vraiment une inversion de la vision du monde. C’est là où c’est intéressant que vous ayez repris l’idée de l’humus, parce qu’on peut ramener ça au niveau plus terrestre, où la question c’est le mycélium. Ce ne sont pas les forêts, les arbres qui font simplement… C’est tout le réseau qui se met en place. Donc il y a cette correspondance. Et ça, c’est vraiment un changement de paradigme. On ne s’en rend pas compte. Mais souvent, on est tout le temps en train de… Comment on va négocier d’une île à une autre ? La question n’est plus de négocier, la question que tu as évoquée, c’est ce que dit Édouard Glissant quand il parle de l’identité-relation. Depuis le néolithique, on est complètement investis dans ce qu’on appelle l’identité-racine. Je suis différent de toi, je négocie, etc. Là où simplement toute l’attention doit être mise sur l’identité-relation. Voilà. Sans perdre l’identité-racine. C’est compliqué.
Je pense que ça peut être intéressant là aussi dans les discussions, c’est de voir du coup par rapport à Reconnexion, comment est-ce que ça peut nous inspirer dans la manière dont on fonctionne. Moi je remarque que hier on a fait une constellation sur Reconnexion et on voyait ce côté, enfin moi je représentais la raison d’être, j’avais des choses pour représenter la raison d’être de Reconnexion. Et on était mis face à des très fortes, d’autres énergies qui étaient très intéressantes et on sentait que ça pouvait apporter beaucoup, qui étaient en l’occurrence le CTC, qui avait eu un lien fort avec les gens de La Ressource. Du coup on a sûrement des liens à faire. Et d’un autre côté avec NextGraph qui est du coup un outil logiciel qui vient de recevoir une subvention importante et qui a une traction qui est forte et nous on veut s’appuyer sur ça. Et du coup c’était vraiment cette question, je trouve intéressant, c’est identité-racine et identité-relation parce qu’il y a des tiraillements, en même temps on s’entête, il faut quand même qu’on existe, comment on se positionne là-dessus ? Est-ce qu’on est du coup simplement un… Quelque chose qui se met sur cette couche technique, est-ce qu’on est vraiment, du coup, tout ce CPC qui a plein de besoins, comment on se situe ? Et du coup, je trouve que ça, c’est le… La constellation en l’occurrence ça aide à travailler sur ça, sur cette posture très complexe.
Et là pour, je ne vais pas trop trop parler, mais par rapport à Reconnexion, j’ai l’impression que la question c’est est-ce que Reconnexion c’est l’assemblée du lagon qui rassemble plein d’acteurs ? Est-ce qu’on est un peu ça en tant que SCIC, avec la gouvernance qui se veut ouverte, où potentiellement toutes les organisations partenaires peuvent être des îles, et nous, du coup, on est un truc. Ou bien est-ce que Reconnexion est seulement une île au milieu d’autres ? Partenaires qui travaillent sur le numérique, qui travaillent sur la coopération, etc. Et du coup, est-ce que Reconnexion doit se structurer comme un archipel, comme le truc du lagon, la salle du lagon, ou bien plutôt, est-ce qu’on doit essayer de s’associer avec d’autres, essayer de créer une structure aussi pour pouvoir gérer avec toutes les autres relations ?
Locuteur 2 : Ou est-ce que c’est un archipel ? Un sous-archipel d’un archipel. Voilà. Et l’Humus, on n’est pas très loin maintenant d’être un archipel sur lequel il y a des…
Oui, allez-y.
Locuteur 6 : Pour répondre à ta question, j’aimerais poser une question à Thierry. C’est dans l’archipel des confluences, le lagon, c’est quoi ? Quelle est l’intention au fond ? Quel est le projet qui est derrière ? Qu’est-ce que ça représente en fait ? Quel est l’objectif de cette structuration ? Est-ce que c’est juste mettre en lien des acteurs ? Mais si c’est les mettre en lien, c’est avec quelle intention ?
Locuteur 2 : Non, c’est aussi réfléchir, avoir un lieu commun qui permet de réfléchir à, derrière, quel sens on donne à tout ça. D’une part, mettre en commun bien entendu, mais aussi avoir une réflexion sur la société qu’on espère pour demain.
Locuteur 6 : Une réflexion ou un projet de transformation ? Ça va jusqu’où ? Est-ce que c’est écrit ? Est-ce que c’est pas écrit ? Est-ce que c’est…
Locuteur 2 : Non, c’est pas écrit, ça fait justement l’objet, en ce moment, d’un travail qui consisterait à dire « ça serait intéressant de l’écrire ». Et en même temps, de l’argumenter, c’est-à-dire de dire, d’être pas uniquement dans un récit sur lequel tu crois ou tu ne crois pas, mais d’argumenter ce récit en disant, on peut le faire. Et une des idées, parmi d’autres, est de dire, essayons de construire quelque chose sur lequel on a un corpus un peu intellectuel, mais lisible et accessible. Alors là, beaucoup d’entre nous sont très bons là-dessus. Patrick Viveret, les convivialistes, tout ça, ça a écrit des tonnes de livres, chacun. Les groupes de convivialistes, chacun, ils ont écrit un bouquin. Sauf que je trouve que c’est un petit peu la même chose à chaque fois. Et surtout, des fois, c’est un peu illisible. Moi, j’aimerais qu’on arrive à écrire quelque chose qui soit en 10 pages, qui soit, peut-être même moins, mais en même temps, il y a une construction d’un récit. Un récit qui parle aux gens dans leur vie quotidienne. Qu’est-ce que ça peut être demain ? Le logement, l’énergie, l’alimentation, etc. Et d’argumenter ce récit en leur disant « mais ça existe déjà, et c’est expérimenté, ça peut être diffusé, ça peut être multiplié ». C’est ça un peu l’idée. Alors il y en a d’autres, il y a d’autres idées qui circulent, mais on a besoin à mon avis de ça.
Locuteur 9 : Je n’ai pas vu beaucoup de visages dans ta présentation. Je me demandais quelle était la sociologie des gens qui participent à ces mouvements.
Locuteur 2 : Ça, c’est la première question.
Locuteur 9 : Et la deuxième, c’est que…
Locuteur 2 : Attends, je vais te donner un visage.
Locuteur 9 : Non, mais je finis, je finis. Donc la deuxième question sous-jacente, c’est que vous avez parlé du Conseil national de la Résistance. Vous avez évoqué la Résistance. Il y avait beaucoup de jeunes dans la Résistance. Et donc, il n’y avait pas peur de prendre des risques. Il n’y avait pas de famille. Pas dans le CNR.
Locuteur 2 : Non, oui, mais tu parles de la Résistance. Je ne parle pas du CNR.
Locuteur 9 : Et j’avais fait un atelier hier qui était « comment attirer l’attention des 12-30 ans sur notre projet Reconnexion ». Et je n’ai pas eu beaucoup de succès. Et moi, j’ai un copain de 60 ans qui m’a dit, votre truc, c’est un projet de vieux.
Locuteur 2 : Voilà, vous voulez savoir ? Alors, je vais être très clair. L’archipel, c’est un projet de vieux. C’est un projet de vieux. C’est un projet de vieux cheveux blancs, plutôt blancs et mâles, en plus, qui n’ont pas connu la guerre. Qui n’ont pas connu la guerre, en tout cas cette guerre-là, la guerre d’Algérie pour certains, et ils sont proches d’Edgar Morin, assez proches d’Edgar Morin, il a 104 ans, donc on a encore un peu de temps, et qui sont tous… Qui ont tous un passé quand même assez militant, assez… Tu vois, qui peut être politique pour certains ou pas, ou associatif, etc. Et qui ont une… Qui en plus ont un peu de temps. Il y a beaucoup qui sont retraités. Ça change beaucoup les choses, évidemment. Et ils sont, je pense, tous, pas mal d’entre eux, dans la situation où, OK, j’ai du temps, je suis encore à peu près en bonne santé, je reçois une pension, et donc je redonne une partie de la pension en tant que… C’est un peu ça. Alors là, je caricature, il y a évidemment des gens un peu plus jeunes, etc.
Alors, sur la Résistance, par contre, ce qui est assez intéressant, c’est qu’on a été aussi très, très proches de quelqu’un d’assez exceptionnel, qui malheureusement est décédé l’année dernière, qui s’appelle Claude Alphandéry. Comme son nom l’indique peut-être, Claude Alphandéry a été un très grand résistant. Et en fait, c’est celui qui, dans la Drôme, à la demande du général de Gaulle et de Jean Moulin, a fait en sorte que l’ensemble des organisations dans la Drôme de résistance qui s’annihilaient entre elles, qui étaient en concurrence entre elles, puissent derrière… Et Claude nous disait quelque chose de très intéressant, c’est qu’au moment du STO, du service du travail obligatoire, qui est en 42, derrière, à ce moment-là, il y a toute une série de jeunes qui n’ont pas voulu faire le STO, qui se sont retrouvés dans la Résistance. Et qui ont dit, attends, moi je veux… Ok, je file maintenant dans la clandestinité, dans la Résistance. Et donc, il y a eu un mélange très intéressant entre des gens qui étaient plus âgés et ces jeunes, qui étaient souvent des paysans, d’ailleurs, souvent, à l’époque, en tout cas. Et puis Claude, à la fin, il disait, mais attendez, on avait énormément de temps devant nous. C’est-à-dire que les coups de main contre les nazis, ce n’était pas tout le temps, ce n’était pas toute la journée, ce n’est pas une guerre d’attrition comme maintenant. Donc, on a profité. Et ces temps-là, pour faire un travail commun, collectif, d’apprentissage, leur parler d’un certain nombre de choses, etc. Les gens comme Mounier aussi, on en parlait, il y en a beaucoup. Et du coup, ça a créé à ce moment-là ce lien entre des gens beaucoup plus jeunes et des gens plus âgés.
Locuteur 8 : Juste pour dire qu’il y a un très beau documentaire sur Claude Alphandéry qui vient de sortir. Il y en a même un deuxième à regarder.
Locuteur 2 : Oui, c’est exceptionnel. Je le mets au niveau d’un… Oui.
Locuteur 4 : C’est pour bien comprendre ma perception. En tant que forme d’organisation, l’archipel, il y a des îles, des entités qui sont déjà opérationnelles, qui s’aperçoivent qu’il y a d’autres îles avec lesquelles on pourrait faire des choses ensemble, et au lieu de garder ça en discours, qui essaient de se structurer un truc qui va faciliter la détection et la mise en exécution de choses à faire ensemble. Et dans le point de nœud, ce que je vois comme nœud principal, j’allais dire de nouvelle identité-racine de cet archipel, parce que lui aussi il a une identité-racine, je le visualise beaucoup dans la mise en forme opérationnelle de cette association d’exécution logistique. J’ai l’impression que c’est là que se joue le passage de l’envie à l’opérationnel, sachant que le politique n’est pas dedans, mais que le politique, pour ne pas rester vide, il a besoin de gens qui vont construire des pirogues, qui auront des moyens. Donc ma perception, je parle pour nous en tant que Reconnexion avec nos autres acteurs, si on veut fonctionner en archipel, la vision de ça y est, on a constaté un archipel, par exemple avec… Ça se fait, à part tous les préliminaires, on les désire, on a des trucs à faire ensemble, on ne sait pas lesquels. Ça se fait quand on a construit cette association logistique. Est-ce que je dis des conneries ou est-ce que ça correspond ?
Locuteur 2 : Non, ce n’est pas des conneries, c’est une partie de la chose.
Locuteur 4 : Je parle de l’accouchement du bébé. Le bébé archipel est accouché.
Locuteur 2 : Pour moi, avec le recul, l’organe important a été le voilier-atelier.
Locuteur 4 : Il existe quand il y a des moyens, je trouve.
Locuteur 2 : Non, il a existé avant. Il a existé avant, de toute façon, complètement bénévole. Et on n’a pas de moyens. Quelques milliers d’euros. Ils viennent de dons. Pour l’instant, on travaille absolument sans moyens. Radicalement sans moyens. Quelques moyens qui nous permettent d’avoir un bon outil de visio, du numérique. Mais il y a eu un moment donné, au départ, c’était monté de façon bénévole. Et à un moment donné, complètement bénévole et personnel. Et après, derrière, on s’est dit non, on a besoin d’une représentation, on a besoin d’un compte bancaire, on a besoin de choses extrêmement basiques. Est-ce qu’on monte ça dans une association ou pas ? Et donc l’idée a été de dire oui, mais à condition que cette association soit une association support.
Le parallèle que je ferais peut-être avec le monde de l’entreprise, c’est le GIE, le groupement d’intérêt économique. Quand vous avez plusieurs organismes, entreprises qui vont dire, on va mettre ensemble des éléments support qui vont être, je ne sais pas, documentation, une flotte de voitures, des choses comme ça. Donc pour moi, l’association support, elle est purement technique et logistique. Par contre, elle a un système de représentation. Là où là, il y a effectivement du mandat. Dans l’association, on a des… Dans cette association support, chacun a la possibilité d’envoyer un mandataire. Donc il y a deux collèges, un collège des personnes physiques, un collège des personnes morales, qui sont en quelque sorte les îles. Parce que là, il y a des décisions à prendre, des décisions financières, des engagements, etc.
Et on n’exclut pas, derrière, de demander éventuellement soit des subventions, soit de rentrer dans l’opérationnel sur les appels d’offres. On a la structure pour ça.
Oui, Manu. Alors, Alicia. Alicia, pardon.
Locuteur 9 : Alors, j’ai trois points. Le premier, c’est que les métaphores, pour moi, sont super intéressantes pour simplifier la présentation, mais pas pour aller plus loin dans la compréhension un peu fine de ce qui se passe. Donc, je suis toujours un petit peu gênée d’en rester là en tout cas. Et j’adore les métaphores, je ne sais pas si vous m’entendez les utiliser, mais en première intention. Et donc, du coup, pour moi, ce n’est pas très lisible. Je vois quelque chose qui est joli, mais en vrai, c’est quoi ?
La deuxième chose, c’est le sens. Je me souviens de Laurent Marseault qui avait produit une vidéo devant le monde de l’ESS. Et qui disait ensuite quelque chose qui répond peut-être aux besoins ici et que je vois souvent dans nos collectifs : on n’a pas une vision suffisante qui fait que ça prend du sens de transformation, on pourrait même risquer d’être contre-productifs par rapport à notre raison d’être, les uns et les autres, à force d’être trop cloisonnés. Donc décloisonner, si c’est ça l’intérêt, moi, je trouve que c’est effectivement important et de décloisonner et d’avoir une vision large, même sur des choses microscopiques.
Par contre, le risque que je vois, c’est de refaire une organisation qui tire du temps et de l’énergie de la base pour aller faire un super joli joujou. Pardon, c’est ce que je vis par ailleurs dans mon sport. Très clairement, pour faire une super équipe qui gagne, on va chercher les meilleurs éléments de plein de clubs et on les habille. Et tout crève à la base. Donc c’est peut-être pas du tout ça, mais c’est un point de vigilance.
Le troisième point, c’est que j’aimerais que l’atelier de Madelina, j’aimerais qu’il y ait du temps, parce que c’est du concret par rapport à ce qui m’a rassurée. Voilà.
Locuteur 2 : Je vais arrêter quand vous voulez. Simplement, une petite chose sur le sens. Avec des gens… Avec des philosophes comme Patrick Viveret par exemple, on est vraiment baignés entre ce qu’il appelle l’intime et le planétaire. Et ça, je pense que quand même, dans le travail qu’on a fait, parce que tu trouves que le rendu, c’est très fort.
Locuteur 8 : C’est pas assez fort. Et en vrai, on essaie de faire ensemble, à la fois sur les relations personnelles et en même temps, sur une réflexion terrestre, de toute sorte, des jalons d’action qui donnent du sens. Je suis bien sur le point de vigilance que rapporte, que ramène Laetitia. Et la référence, c’est Laurent Marseault, c’est « conférence gesticulée » Laurent Marseault. Vous avez qu’à la regarder.
Locuteur 9 : Je peux vous dire une chose. C’est la vie. Il est en ligne ?
Locuteur 8 : Je ne le retrouve plus. Je crois qu’il est là. Alors, il y a Manu. Et vous, vous pouvez le retrouver.
Locuteur 10 : J’ai une question sur ce qui est prise de décision. Est-ce que les décisions stratégiques étaient vraiment au lagon ? Et toutes les décisions opérationnelles, c’est chaque entité qui finalement… Et puis après, une question de pilotage. Comment vous désignez les pilotes des pirogues, du voilier ? Et s’il y avait une incitation, enfin, comment vous suivez ? Par exemple, si vous avez besoin d’un truc opérationnel, vous pensez à une pirogue, et derrière, ça traîne, ça n’avance pas. Comment vous suivez ?
Locuteur 2 : Alors, sur le premier point, qui pose une question qui n’est pas très facile, qui est celle du pouvoir du voilier-atelier par rapport au lagon. Il y a une tendance, si tu veux, naturelle à faire en sorte que le voilier-atelier, effectivement, il est au service, mais en même temps, il est actif, si tu veux. Donc, quelque part, il va prendre une sorte de pouvoir. Bon, il faut faire attention à ce que… Après, derrière, sur les pirogues, il y a une idée, et à ce moment-là, elle est soumise, si tu veux, la proto-pirogue, en quelque sorte. On est encore sur la plage, comme on est en train de construire la pirogue, avant de la lancer, et à ce moment-là, il y a une organisation autonome de la pirogue elle-même.
Locuteur 10 : C’est pas soumis au lagon ?
Locuteur 2 : Non, non, non. Non, le lagon est informé, si tu veux, mais c’est pas soumis. C’est pas le lagon qui prend toutes les décisions. Non, non, non, il n’y a pas de label particulier. Cela étant, dans les lagons, on va… Et au fur et à mesure, on va informer de l’avancement, ce qui permet à ce moment-là de faire en sorte que les autres personnes, peut-être, rejoignent la pirogue, ou ils disent, là, on a un problème, ou là, ceci, cela. Donc, on respecte l’autonomie, en quelque sorte, de navigation.
Locuteur 11 : Il y a un point à compléter sur les deux questions d’Antoine et Yann.
Locuteur 12 : Moi, je voulais dire deux choses. Ce que j’ai entendu de vos remarques, vous avez touché du doigt des questions qui, moi, me semblent essentielles. Moi, je connais Thierry depuis 40 ans. Il y a effectivement les métaphores et ensuite la réalité. Alors, je vais donner deux exemples. Moi, je pense que l’archipel devrait se rebaptiser. Parce que le projet, c’est « Refaire société ». Sauf que c’est une pirogue. Une pirogue qui est « Refaire société », ça ne marche pas. Parce que justement, ça a été déjà signalé par Sylvain tout à l’heure, il y a une contradiction de fait. Cette contradiction n’est pas résolue. Ça, c’est le premier point.
Le deuxième point qui a été signalé tout à l’heure par Antoine, c’est l’histoire de la représentation de la diversité sociologique. C’est un point central. Si je peux donner un conseil à Reconnexion, c’est vraiment, ce point doit faire partie d’un tout premier truc. Il faut qu’il y ait une bonne représentation des âges, des sexes, des genres, enfin la plus possible diversité. Moi, j’ai défendu ça dans un texte qui est indiqué dans l’archipel. Ça n’a jamais été discuté de façon… On n’arrive pas à en parler.
Troisième point, c’est la notion d’eau. Excusez-moi, l’humus, c’est la terre, c’est pas l’eau. Donc pour moi, il y a aussi un autre problème dans la question de l’archipel. Et il y a des gens qui… C’est la terre. Pour moi, le concept global, c’est une terre dans laquelle il y a des continents et il y a des îles. Donc je pense qu’on a besoin d’intégrer ces deux dimensions.
Le dernier point sur lequel je voudrais m’exprimer, c’est… Bon, donc dans cette idée de « Refaire société » et des points aveugles… Vraiment deux choses importantes. Moi, j’aimerais que ce soit plus que des pirogues. Ça, c’est vraiment, pour moi, quelque chose de très important. Donc, je suis tout à fait d’accord qu’il faut continuer la chose dans le forum. J’invite Reconnexion en particulier au forum, bien entendu.
C’est l’idée que je suis en train de développer. Je vais en parler deux minutes, puis une minute. C’est un truc que j’ai appelé, dans la nuit c’est arrivé, les trésors cachés d’humanité. Moi, j’aimerais qu’on crée un commun d’informations. On crée un commun d’informations, parce que je pense que pour refaire société, il ne faut pas faire croire qu’on a tous les mêmes trucs de base. Donc, toute l’histoire, tout mon militantisme depuis plus de 60 ans, quand même, 64 ans presque, 64 ans cette année, ça fait quand même pas mal, montre que si on ne prend pas le temps d’identifier ce que l’on partage vraiment au départ, ce sur quoi on est d’accord, on ne va pas arriver à discuter sur les divergences. La question des divergences, c’est secondaire. Pour moi, c’est très secondaire par rapport à la question de l’accord de départ. Donc, en gros, une identité, une sorte d’identité-racine commune, qu’il faut travailler longuement, et avec un projet que ça touche, ça a des répercussions sur l’ensemble de la société, avec toutes les classes sociales. Pour moi, c’est la question absolument vitale. Une fois que Reconnexion sera bien claire là-dessus, je pense qu’il n’y aura pas de problème. Je crois qu’elle pourra contacter tous les gens qui font des choses pareilles, et puis ce qui convergera convergera, ce qui divergera divergera.
Et donc cette question de vision et de globalisation est importante. Et sur le projet, on a trouvé des convergences l’autre jour avec Thierry, puisqu’un des projets ce serait de sortir 50 expériences exemplaires. Donc nous, on est en train de faire ce travail-là, avec un comité et une douzaine de personnes, et créer du commun.
L’interopérabilité, c’est vraiment un truc qui me touche. J’ai dit, ouais, c’est génial. Après, j’entends les limites de l’interopérabilité, et là, je ne les maîtrise pas. Donc, moi, le projet est donc là, parce que j’ai arrêté de m’intéresser aux trucs techniques depuis 50 ans, enfin, au cœur de ça. Il y a vraiment quelque chose d’important dans la façon de se connecter, avec la question qui a été soulevée un petit peu ce matin, et que j’ai aimé la façon dont Sébastien a parlé, qu’est-ce qu’on garde de strictement humain, quel que soit le truc qui est fait, les rencontres, rien ne les remplacera, les rencontres parce qu’on sent des choses différentes, etc.
Voilà, donc s’il y en a qui sont intéressés par ce projet de commun d’information, avec plaisir, pour regarder, on a déjà un truc pilote.
Locuteur 13 : Pour aller un peu dans le sens de ton commun d’information, j’ai une question sur la gestion de la connaissance et la capitalisation sur les retours d’expérience. Parce que si vous prévoyez que les pirogues doivent être terminées, comment est-ce que vous vous assurez justement qu’il n’y ait pas tendance à s’installer dans le temps et à bien faire un retour d’expérience ? Il y a une capitalisation après sur les retours d’expérience. Qu’est-ce que ça a rendu ? Est-ce qu’il y a des choses qui sont posées pour capitaliser et créer une base de connaissances derrière ?
Locuteur 2 : Il y a un rendu. Il y a un rendu, si tu veux, qui est un rendu à la fois écrit, qui peut être oral, qui peut être autour d’une rencontre, d’une réunion, etc. Qui permet à ce moment-là d’avancer, on continue, on ne continue pas, on continue avec d’autres. Et la capitalisation se fait autour des outils numériques que j’ai cités, c’est le forum et le wiki, les deux étant complémentaires.
Locuteur 13 : Est-ce qu’il faut organiser après la connaissance ?
Locuteur 2 : C’est un gros problème, c’est un sacré problème. Moi je suis en train de travailler pas mal, j’ai initié ce forum Discourse. Je m’aperçois, mais ce n’est pas une grande découverte, d’ailleurs, si tu n’as pas un gros travail bénévole de modération pour arriver à réorganiser…
Locuteur 13 : La structuration.
Locuteur 2 : La structuration est compliquée, c’est pas simple. D’autant plus, si tu veux, que dans un forum, tu peux avoir une discussion à un moment donné qui part sur un truc, qui se dévie sur un autre. Donc il faut aussi, je pense qu’il faut avoir un vrai travail de rédacteur en chef. De chef de publication.
Locuteur 13 : Le forum, ça permet d’échanger, mais je pense qu’il n’y a pas de capitalisation en fait pour en extraire.
Locuteur 2 : Oui, après le wiki, il faut que l’acquisition… C’est pas sûr que c’est le bon outil.
Locuteur 13 : La question, ça devient vite une sorte de trou, en fait, où on a tout dedans, mais c’est difficile après de trouver…
Locuteur 2 : Est-ce que c’est… Si vous retrouvez un point… Il y a plusieurs phases. Il y a la phase d’échange et la phase de capitalisation. Moi, ce que j’espère, par exemple, sur les points aveugles, c’est de dire, on pose une question de point aveugle. Pour moi, c’est un peu des… Aujourd’hui, c’est un peu des points Dracula, tu vois. C’est-à-dire, en gros, c’est dans un placard, tu vois. Et puis surtout, n’en parlons pas. On le voit bien chez les écolos et à gauche. Même question comme ça, tu vois. Moi, je travaille beaucoup sur la question du nucléaire. Ça en fait partie, tu vois. Surtout, n’en parlons pas. De chaque côté.
Donc, c’est intéressant d’ouvrir le placard, tu vois, de faire sortir le monstre, éviter de le mettre sous le tapis avec la poussière. À ce moment-là, il y a une phase d’échange. Cette phase d’échange, elle doit donner des éléments factuels, des éléments de réflexion, après derrière éventuellement aboutir à des dissensus, mais qui au moins sont construits.
Locuteur 8 : Mais si on veut obtenir une base de connaissances, comment est-ce qu’on va la construire ?
Locuteur 2 : Il faut à un moment donné, pour reprendre l’exemple sur le nucléaire, ce serait par exemple la pirogue nucléaire qui, à un moment donné, travaille sur ce questionnement-là et construit le retour d’expérience et la synthèse. C’est là où il y a, d’ailleurs, un peu éventuellement, l’IA arrive. Peut-être. Alors, l’IA, elle est attendue, mais… Ce n’est pas inintéressant, je pense. De son côté.
Locuteur 8 : Du coup, là, au niveau du temps, c’est fini, mais on a commencé avec 10 minutes de retard, donc on peut peut-être prendre les 10 dernières minutes. C’est là pour… Luna, tu peux expliquer peut-être ce que tu voulais partager ?
Locuteur 14 : Alors, moi, j’avais juste parallèlement proposé un atelier de discussion, simplement… Avec l’idée qui était… Mon idée était née de mon interrogation sur… Reconnexion, c’est l’idée de remettre de l’humain au centre et de faire des applications, des réseaux sociaux, etc., qui ramènent à la rencontre physique, humaine, etc. Et je me dis, mais il y a déjà de multiples applications déjà existantes, j’en ai croisé, je me dis, comment se resituer dans tout ça ? Est-ce que c’est bien de multiplier encore ces applications-là, et comment on se situe là-dedans, quoi, en fait. C’était un grand point d’interrogation, finalement. Et je… Applications au sens applications informatiques, quoi. Utiliser ces outils-là pour, effectivement, ramener à des rencontres humaines, que j’ai constatées qui étaient, effectivement, utiles, par Bienvenue chez moi, parce que je l’ai vécu réellement. Je perds ce que je voulais dire.
Oui, voilà. Et du coup, je trouve que là, j’ai trouvé un petit peu d’idées de solutions. Je pense que la question peut être raccordée un peu avec des… J’ai trouvé un petit peu de réponses, en fait. Mais je ne vais pas au bout. Voilà, j’avais posé ça un petit peu comme un pavé dans la mare, en fait, mon interrogation.
Locuteur 2 : On a des rencontres régulières. C’est-à-dire qu’il y a des rencontres physiques, si tu veux, qui sont, on va dire, quatre fois par an. Ça, c’est important. En même temps, il y a beaucoup d’échanges qui se font en visio aussi. Et puis, ce qu’on essaie de faire lorsqu’il y a une rencontre, ce qu’on a fait le 16 janvier dernier, c’est de capitaliser sur la rencontre. Il n’y a pas uniquement la rencontre ponctuelle, puis après on se disperse. Déjà, on met en ligne, notamment sur le wiki, la totalité de l’information. Des séquences vidéo, voilà, donc un gros travail derrière, au moins de capitalisation, c’est-à-dire que c’est la synthèse. Au moins, ça permet d’avoir, de ne pas oublier les éléments et de revenir sur ce qui a été dit, ce qui a été exprimé pour avancer.
Locuteur 15 : On est dans l’atelier de Madelina ou dans l’atelier de l’archipel ?
Locuteur 3 : On a basculé.
Locuteur 8 : C’est fusionner deux ateliers, souvent ça ne marche pas. On va dire qu’il reste quelques minutes et qu’on peut… Oui, c’est ça. Parce qu’on peut en faire un atelier. Peut-être par rapport à ça, moi je dirais la grosse difficulté, c’est que déjà les êtres humains, ce n’est pas facile de réussir à coopérer. On est peu malléables. Mais les logiciels, c’est encore plus compliqué. Les logiciels ont été créés d’une certaine manière, et dire, OK, maintenant, on va devenir interopérable. En fait, même si les deux développeurs, les organisations qui ont développé chaque logiciel, ils ont envie d’être interopérables, en fait, en réalité, c’est très compliqué. C’est ce que j’avais expliqué dans un webinaire que j’ai fait récemment. Et que du coup, voilà. Donc, je pense que c’est une vaste question. Comment on fait pour toutes ces initiatives qui se sont développées sur des architectures qui ne sont pas adaptées à la coopération ? Comment on fait le lien ? Parce que, de toute manière, si on leur propose ça, ils vont dire, on a investi des centaines de milliers d’euros pour faire notre truc. Maintenant, on n’a plus envie, enfin, on veut rester sur notre truc. Et du coup, il y a une défense de l’existant.
Je pense que la stratégie, c’est de rester… Là, c’est un vaste sujet, mais moi, je dirais qu’il y a le côté de rester dans une ouverture, de partage, de dire qu’on n’est pas des concurrents, on est là pour essayer de trouver des solutions. Donc, c’est plutôt une posture. Et le deuxième, pour moi, c’est… C’est une idée que j’ai eue récemment, c’est de dire que les organisations, les projets qui ont un peu plus de moyens, qui ont une certaine abondance, de se dire peut-être le prochain projet que vous allez faire, peut-être essayer de le faire sur une architecture décentralisée, avec peut-être un petit budget pour commencer à amorcer quelque chose. C’est pas dire que vous allez devoir tout bouger d’un seul coup, mais s’il y a un petit projet qui peut se faire là-dessus, vous allez pouvoir comme ça tester, et puis là, il peut y avoir, ça peut être une occasion de faire un petit projet ensemble, de faire une sorte de pirogue avec peut-être d’autres acteurs pour dire, tiens, on va essayer de faire un petit bateau qui va faire quelque chose au milieu de toutes ces applications qui sont quand même, toutes ces îles qui sont des îles forteresses. C’est ça la réalité des applications actuelles, c’est des îles forteresses.
Et par rapport au temps, normalement on doit plus ou moins avoir fini, donc peut-être qu’on peut aussi dire qu’on a fini l’atelier, mais qu’on peut continuer avec ceux qui veulent, continuer la discussion. Et on va manger d’ici à peu près une demi-heure.
Locuteur 14 : Je vais simplement dire, je pense que ce questionnement-là, de toute façon, je pense qu’il est parallèle un peu au fil conducteur d’avancée du projet.
Locuteur 7 : Peut-être une proposition par rapport à cette thématique. Effectivement, je regardais rapidement, il y a beaucoup d’applications sociales de voisinage, etc. Ça serait créer une sorte de… Alors, je ne sais plus le nom qu’on a donné, mais une sorte de… Club de réflexion en fait. Inviter les gens qui ont ces plateformes, ne serait-ce que pour se retrouver, se regrouper, etc. On discute. C’est quoi l’avenir des applications sociales aujourd’hui ? Où est-ce que vous en êtes les uns les autres ? Premier step. Et là, je trouve que c’est très intéressant et ça m’intéresse.
Locuteur 9 : Moi, j’avais une question qui est une question que j’ai déjà posée, je crois, hier. Je ne suis pas sûre que ce soit le bon lieu, mais comment on peut penser des applications qui favorisent la rencontre réelle ? Pour moi, ce n’est pas évident. Ça ne me saute pas aux yeux. Donc, s’il y a des idées, je serais super heureuse d’entendre des pistes qui existent.
Locuteur 14 : Bienvenue chez moi, c’est un modèle, je pense.
Locuteur 9 : Voilà, c’est un modèle. Donc, si l’idée, c’est de les multiplier…
Locuteur 16 : J’ai envie d’entendre qu’il y a plein d’idées en germe et je ne les vois pas, je ne peux pas les voir.
Locuteur 4 : Comme l’atelier est fini, j’en profite avant de partir pour dire que moi je suis très heureux, pour qui ça intéresserait. Une conversation que je trouve très importante. Personnellement, vouloir faire des communs par des connaissances communes, c’est une aberration pour fabriquer des silos sociaux. Ça, c’est mon point de vue. Je trouve que c’est très dangereux. Qui voudrait approfondir ça ? La connaissance démocratique, c’est qu’on est différents. On a des points de vue différents. Et on a le droit de partager des certitudes différentes. Et ce n’est pas du tout la même société. Ça m’intéresserait comme conversation.
Locuteur 6 : J’ai l’intuition qu’en fait, la place de Reconnexion, ça pourrait être de faciliter, d’aider à développer l’identité-relation, tout en préservant l’identité-racine. Faciliter le fait que les collectifs se relient les uns aux autres, mais sans les forcer à se dénaturer en se reliant.
Locuteur 8 : Je rebondis juste sur ça, on avait eu une réflexion récemment, enfin, pour la résidence, là, de dire que l’idée, ça serait d’inciter des acteurs à se mettre ensemble pour créer des applications, mais quand même de vérifier que vraiment, il y a une raison d’être qui est commune, qui est partagée. Ce n’est pas s’obliger à se mettre ensemble parce qu’il faut faire des économies, etc., mais de vraiment identifier des raisons d’être d’applications différentes. Pour le cas où là, il y a vraiment deux applications qui sont différentes, et on va faire une autre chose. Donc, c’est une autre approche.
Locuteur 6 : Juste pour finir la chose, les réseaux sociaux actuels, qui sont aussi des choses qui nous rassemblent et qui nous permettent de développer la relation, nous dénaturent complètement. Ils nous incitent, nous poussent dans une direction. Ils sont totalement non neutres. Moi, je vois ça comme quelque chose de beaucoup plus neutre. Rester qui on est et pouvoir échanger avec d’autres, mais sans se transformer, sans se perdre soi-même. En tant que collectif et en tant qu’individu, les deux niveaux sont identiques.
Locuteur 17 : Je reviens à la tension et que les objets…
Locuteur 8 : Mais peut-être c’est justement un peu notre premier… La manière de relier tous ces acteurs, c’est potentiellement de leur proposer une application qui peut leur être utile. Et du coup, un peu Festipod, le projet dont on a parlé mardi, d’événementiel, c’est une manière potentiellement de connecter des événements, de tous ces acteurs, et d’aider à les sortir des silos, tout en les embarquant dans une application de réseau social. C’est peut-être une stratégie, mais il y en a d’autres dans le même sens. De comment faire pour être dans cette idée de pirogue où on les embarque, aller visiter un peu leurs voisins, les autres îles, les autres îles forteresses.
Locuteur 14 : Un petit peu comme Transiscope pour des événements, mais en allant plus loin pour des applications plus élaborées.
Locuteur 8 : Oui, par exemple.
Locuteur 13 : La pure communication, elle ne va pas t’amener à te déplacer et à aller voir les autres. Il faut que tu vises peut-être un peu plus loin et que tu puisses réorganiser, que tu saches sur un territoire, te nourrir, reproduire un peu le système existant en gros, mais dans une alternative où on a des interdépendances qui nous permettent de nous organiser, de fonctionner dans un système à nous et de créer justement ce système, nos méthodes de fonctionnement, donc recréer du BlaBlaCar, recréer…
Locuteur 8 : Il vient de chez son développeur en Ğ1.
Locuteur 10 : Je pense qu’on fait un truc qui marche assez bien, c’est les Ğ-Marchés, qui marchent en monnaie libre. Et là, pour le coup, c’est vraiment quelque chose qui s’organise sur Internet, mais qui a abouti à une rencontre vraiment réelle avec des produits, des services qui sont vendus localement, un peu partout en France.
Locuteur 8 : Et les échanges commerciaux, c’est vrai que c’est quelque chose qui amène à se rencontrer.
Locuteur 10 : Parce que, après, moi, ce qui m’étonne un peu, c’est, par exemple, vous voulez refaire un réseau social universel, mais il ne faut pas oublier qu’il y a déjà des acteurs qui sont tellement puissants, qui sont tellement en place, que de reproduire ce qu’ils ont fait, on n’y arrivera pas. Par exemple, je prends l’exemple du covoiturage. Il y a eu des initiatives de covoiturage plus associatives, tout ça. BlaBlaCar est tellement en place, c’est des histoires de « winner takes all », c’est-à-dire qu’ils sont arrivés les premiers, ils sont tellement en place que derrière, même faire quelque chose qui peut être plus éthique, plus décentralisé, tout ça, c’est très très difficile de venir… Donc nous on est plutôt dans l’idée de hacker ce système-là par des idées qui sont par exemple Le Bon Coin, où on s’est imaginé faire une extension web, injecter dans les pages du Bon Coin des annonces de la monnaie libre. Ou quand la personne va publier son annonce sur Le Bon Coin, ça récupère automatiquement, ça fait une annonce aussi pour la monnaie libre. Donc c’est plutôt essayer d’aller hacker les gros.
Locuteur 12 : Plutôt que de faire quelque chose à côté.
Locuteur 8 : Je rebondis juste sur la question du covoiturage. L’idée, c’est que nous, notre force, c’est qu’on peut se connecter avec plein d’autres choses et du coup, on peut proposer du covoiturage un peu naturellement. Par exemple, on sait que tu vas à tel événement, on sait avec qui tu es relié, du coup, on peut proposer du covoiturage. On sait que vous êtes, par exemple, intéressés par des thématiques similaires. Il y a plein de choses que BlaBlaCar ne peut pas proposer parce qu’ils sont juste un silo et tu viens juste pour chercher ton covoiturage. Du coup, c’est plutôt ces moments-là où il y a vraiment un énorme apport qui peut nous différencier.
Locuteur 12 : Je vous propose un concept, mais c’est vous qui le voyez, qui ne vient pas de moi, qui a été donné par une jeune femme marseillaise. Plutôt gilet jaune : faire en sorte que donner et recevoir soit aussi simple qu’acheter et vendre. Voilà, je vous le donne.
Locuteur 3 : On le reçoit.
Locuteur 2 : Merci Antoine. Sur une demande que je vous fais, les informaticiens, les développeurs, etc., on est nous extrêmement intéressés par la question de la comptabilité du bénévolat et des heures. Et j’aimerais bien avoir un outil hyper simple qu’on puisse mettre en place au sein de l’archipel pour comptabiliser tout simplement des heures. Déjà commencer par ça. Est-ce que ça, ça existe ? Mais à condition que ça soit hyper simple, qu’il y ait quelque part, que ça soit aussi simple, par exemple, que vous connaissez peut-être Tricount, pour la gestion des partages de sous sur une petite collectivité. Voilà, c’est smartphone. Il faut que ce soit un smartphone, trois trucs. J’ai passé une heure sur tel sujet. Voilà, il y a un peu derrière une gestion un peu plus compliquée. Mais je trouve que ça serait hyper intéressant. Enfin, si ça existe.
Locuteur 3 : Ça me parle ce que tu dis, parce que j’ai expérimenté dans un collectif à L’Odébé, où c’était très simple, on a juste mis un formulaire, un tableur partagé. Et avec cette date, on a fait. Et en fait, naturellement, les gens sur place se sont mis à compléter leur bénévolat. Parce que tout est bénévole, tout est en bénévolat là-bas. Et ça, c’était simple, c’était tout le monde s’y est mis. Et ça a vraiment capitalisé beaucoup, beaucoup d’heures de bénévolat là-bas.
Locuteur 14 : Mais c’est obligatoire aujourd’hui dans les structures juridiques associatives, on est obligé maintenant normalement de comptabiliser…
Locuteur 2 : D’abord, il y a ça, effectivement. Mais en même temps, c’est assez intéressant d’arriver à voir, de faire en sorte que le bénévolat, on ait une visibilité. Cette pirogue, elle a travaillé 850 heures là-dessus, l’autre 1500, tu vois ?
Locuteur 3 : Si personne n’a travaillé dessus, il y a peut-être un énorme écart.
Locuteur 2 : Il peut y avoir des écarts, il peut y avoir des… Et après, derrière, il peut y avoir aussi une bourse de bénévolat. C’est valable. On va valoriser le bénévolat. Moi, je suis prêt à attendre, etc. Sans nécessairement le monétariser, ou faire en sorte qu’on soit ensemble.
Locuteur 8 : C’est là où le réseau social universel est intéressant, parce que du coup, ce côté, par exemple, de bourse à bénévolat, c’est là où ça peut se connecter à d’autres applications, de bénévoles, etc. Et puis il y a de la monnaie libre, et puis voilà. En fait, pour moi, il va y avoir une montagne de choses. À partir du moment où on a une architecture de réseau social universel, il y a des montagnes de choses qui vont pouvoir se croiser. Pour pas mal, en fait, voilà, une multitude d’applications.
Locuteur 2 : Mon souci, c’est qu’il y a un travail à faire. C’est un petit peu trop compliqué. Je ne suis pas sûr que les gens, ils aient un ordi, il y a des… Ils allument un ordinateur, ils font ceci, ils font cela. Vraiment, à l’ère du smartphone, vraiment un petit truc.
Locuteur 3 : Il y a une trentaine à participer et vraiment, à tout âge, il y a au moins 30 personnes différentes qui se sont mises à remplir. Alors après, il y a eu… Peut-être justement que ça a débloqué quelque chose, mais juste après, il y a eu un énorme clash. Tout s’est dispersé. Mais il y a peut-être… Il manquait cette phase. Il y avait la visibilité. Oui, mais c’était peut-être… Alors, après, c’est parce que juste à ce moment-là, quelques mois après avoir mis en place, il y a eu une crise et il ne faut pas que ce soit mis en lien. Je trouve que c’était génial, c’était mis en place et juste avec un tableur.
Locuteur 18 : Et quand c’est simple, prendre un tableau sur le téléphone, ça se fait. Je ne sais pas, j’ai un peu de mal, mais…
Locuteur 3 : Et bien, plus qu’il y a un historique à se regarder, c’est que…
Locuteur 19 : Yannick, est-ce que tu as une question ? Thierry ? Sylvain, tu peux poser une petite dernière question ?
Locuteur 6 : Non, mais je veux qu’il entende, parce que c’est pour répondre à sa question.
Locuteur 19 : Thierry ? Thierry, une dernière question ?
Locuteur 6 : Je voulais te répondre, c’est qu’on a entendu parler il n’y a pas longtemps d’un outil qui peut répondre à ce besoin, qui s’appelle TiBillet. TiBillet. TiBillet, c’est un outil pour adhésion, billetterie, pour gérer l’adhésion des associations. Et il y a aussi une partie monétaire et valorisation du bénévolat. Valorisation du bénévolat. Donc je ne le connais pas, on en a juste entendu parler, je le vois un peu sur le site internet, et du coup c’est à creuser je pense comme chose. C’est très dynamique, c’est très actif.
Locuteur 20 : C’est très actif et c’est une alternative à HelloAsso.
Locuteur 6 : Oui.
Locuteur 19 : Merci. Merci beaucoup. Merci beaucoup.
