Atelier sur la clarification du terme Réseau Social Universel

Compte-rendu d’un atelier proposé par Sylvain le mercredi. Synthèse générée par IA à partir de la transcription (en bas de ce post) et revue par Sylvain et Sébastien

Contexte et intention

L’atelier a été initié par Sylvain avec l’objectif de clarifier ce qu’est le Réseau Social Universel (RSU) porté par Reconnexion, afin d’unifier la vision entre les porteurs du projet et de faciliter sa présentation à des personnes extérieures. Deux axes de tension avaient été identifiés en amont : RSU vs socle technique, et interopérabilité vs réseau social humain/réel.

L’atelier s’est tenu après une Constellation familiale systémique appliquée à Reconnexion, ce qui a créé une difficulté de transition pour plusieurs participants, qui se sentaient encore en mode sensoriel plutôt que mental.

Problème central posé

Sylvain a formulé une difficulté concrète : quand il doit présenter le RSU à quelqu’un qui ne le connaît pas, il ne sait pas par où commencer. Faut-il parler d’interopérabilité ? De données personnelles ? De lien humain et de coopération ? Ces dimensions lui semblent trop hétérogènes pour former un message cohérent. Il a insisté pour rester sur la question de l’identité du projet, et non sur la stratégie ou la tactique de déploiement.

Clarification sur l’articulation technique

Plusieurs échanges ont permis de clarifier la relation entre Reconnexion et le socle technique.

Deux strates distinctes ont émergé :

  • Strate basse (neutre) : la technologie (actuellement ActivityPods, demain NextGraph) basée sur des protocoles, la notion de porte-donnée, l’interopérabilité. C’est un socle agnostique, ouvert, sur lequel n’importe qui peut construire des applications, y compris des applications non vertueuses.

  • Strate haute (orientée) : Reconnexion, qui porte une vision, des valeurs, et promeut un bouquet d’applications conformes à sa raison d’être. Reconnexion n’est pas une plateforme technique, c’est une structure juridique (SCIC) qui fait des choix sur ce qu’elle accompagne et met en avant.

Sébastien a confirmé que le choix fondateur de Reconnexion n’était pas de porter la couche technique basse, et que le passage d’ActivityPods à NextGraph valide ce positionnement. Reconnexion n’a pas besoin de porter NextGraph, qui est développé de manière autonome.

Antoine a précisé que NextGraph est centré sur les données, tandis que Reconnexion est centrée sur les connexions entre les gens — une couche juste au-dessus.

Un autre participant a synthétisé : le cœur de cible de Reconnexion n’est pas dans les outils techniques, mais dans l’utilisation de ces outils pour faire apparaître des applications saines. Le projet s’appuie sur des nouveautés techniques développées par des partenaires (ELFA, NextGraph), mais sa raison d’être est ailleurs.

Le concept de « réseau social vertueux »

Un consensus s’est formé autour de l’idée que le différenciant principal du projet n’est ni l’interopérabilité ni la confidentialité des données (qui sont des moyens, des « plus »), mais les valeurs.

Olivier a apporté un témoignage d’usager expert des réseaux sociaux depuis 2004 (Viadeo). Il a souligné que :

  • Personnellement la confidentialité des données ne le motive pas — c’est les valeurs qui l’attirent vers Reconnexion.
  • Le mot « universel » dans RSU n’est pas compris par le public (à son avis, tout réseau social se veut universel).
  • Le mot-clé est « valeur », « éthique », « vertueux ».
  • Le message central devrait être : « c’est un réseau social comme les autres, mais vertueux en plus ».
  • La formule « on n’est pas le produit » résume bien le différenciant.

Antoine a ajouté un marqueur concret du vertueux : le temps d’écran. L’idée est de mettre des outils dans les mains des gens qui leur font passer moins de temps devant les écrans et plus de temps dans la vraie vie, à l’inverse du modèle économique actuel basé sur la captation d’attention, les interfaces manipulatoires et la polarisation des débats.

Mots qui ont émergé pour qualifier le réseau : vertueux, sain, apaisé, éthique.

Cibles identifiées pour le message : les parents, les grands-parents, les éducateurs, les profs — tous ceux qui sont confrontés aux effets de l’addiction aux écrans.

Le modèle du bouquet d’applications

Reconnexion est vu comme un incubateur et promoteur d’applications sociales saines, pas comme une plateforme technique fermée.

  • Reconnexion pourrait proposer une sorte de store (catalogue) d’applications labellisées, conformes à une charte de valeurs. Ce store serait un outil de promotion, pas un parc fermé.
  • Les applications labellisées seront open source (Creative Commons), ce qui signifie que d’autres acteurs pourraient les reprendre et les détourner (y ajouter de la pub, etc.), mais Reconnexion ne les promouvrait pas.
  • Reconnexion jouerait un rôle de tiers de confiance pour les utilisateurs.

Un participant a posé une remarque importante : le socle technique est agnostique. Rien n’empêche quelqu’un de créer une application addictive basée sur le RSU. Reconnexion ne peut pas modérer les contenus (d’autant qu’ils sont chiffrés), mais peut choisir ce qu’elle met en avant.

La question de la masse critique et de la transition

Un participant a posé la question de l’appropriation et de la masse critique à 3-5 ans. Un autre a insisté sur la nécessité d’une transition douce : pouvoir venir avec ses réseaux actuels (LinkedIn, WhatsApp), ne pas exiger une rupture immédiate, permettre une migration progressive.

L’expérience concrète du passage de WhatsApp à Signal a été citée comme modèle de transition : une partie des gens suit, une partie reste, le transfert se fait progressivement.

Un autre participant a aussi fortement recommandé de parler utilisateur : organiser des focus groupes avec des usagers experts, faire de la co-création, et ne pas forcément parler de NextGraph aux utilisateurs non-techniques.

Points clés à retenir

  1. Reconnexion ≠ couche technique. Le socle technique (NextGraph/ELFA) est un partenaire, pas le cœur de métier.
  2. Le différenciant, c’est les valeurs, pas l’interopérabilité ni la confidentialité (qui sont des moyens).
  3. Mots candidats pour le positionnement : vertueux, sain, apaisé, éthique. Le terme « universel » semble plus brouiller qu’aider.
  4. Reconnexion = incubateur/promoteur d’applications sociales saines, avec un rôle de tiers de confiance (label/charte).
  5. La technique doit être invisible dans la communication publique.
  6. Transition douce depuis les réseaux existants, pas de rupture exigée.
  7. Parler utilisateur : focus groupes, co-création, usagers experts ambassadeurs.
Transcription complète améliorée (par IA)

Locuteur 1 : Il est minimaliste. Je vois comme il a besoin partout de sortir de ce dans quoi on est, qui semble être à la fois une voie unique et une impasse.

Locuteur 2 : Tu as connu ça par LinkedIn parce que tu as quelqu’un de ton réseau LinkedIn qui a diffusé l’information.

Locuteur 1 : Oui, je ne peux pas dire, je ne trace pas. Non, je le vois toujours dans, toujours au milieu des réseaux par lesquels je passe, mais je ne saurais pas dire.

Locuteur 2 : Olivier ? Comment ? Olivier ?

Locuteur 1 : Je n’ai pas de mémoire de rappel. Elle a grillé.

Locuteur 3 : Sylvain est là. À toi la parole. Merci.

Locuteur 3 : Alors, je m’excuse un peu.

Locuteur 4 : C’est un peu confus maintenant pour moi. Mais mon intention initiale, c’était d’amener de la clarification, justement, sur ce qu’est le réseau social universel, sur arriver à un peu unifier la vision qu’on en a, pour faciliter le fait de le présenter, d’en parler à d’autres. Et d’arriver à ce que quand on l’explique, ça soit un peu plus fluide, ça crée moins de friction avec des gens, de ce que c’est le mot, à quoi ça correspond, peut-être une définition, je ne sais pas.

Locuteur 4 : J’avais parlé de deux axes, j’avais parlé de réseau social universel, versus le socle technique, qui est quand même une dimension technique qui est importante dans ce projet, et qui est à la fois une dimension sociale, mais aussi une dimension technique, ça crée des genres de friction. Et un autre axe que j’ai relevé, c’est le côté interopérabilité, qui est un peu en écho de la technique, et le réseau social plus humain, le réseau social réel, le réseau social qui ramène vers le…

Locuteur 4 : Yeah.

Locuteur 4 : Est-ce que tu peux redire la raison d’être, le primo de la raison d’être, c’est la raison sociale ?

Locuteur 5 : C’est un réseau social universel qui favorise la rencontre, l’entraide et la coopération.

Locuteur 4 : J’avais plus ça à l’esprit. On en a reparlé juste avant, c’est pour ça que ça m’intéresse.

Locuteur 4 : Je ne sais pas comment on dit ça, je ne sais pas ce que ça vous évoque. Moi je vois derrière l’idée qu’il y a le projet d’écrire un manifeste sur ce réseau social universel. Du coup, c’est une vision aussi qui doit être plus unifiée. Et donc je pense que cet atelier peut être aussi au service de ça. De clarifier une ligne dont le but est de fédérer un grand nombre d’acteurs autour d’une vision partagée.

Locuteur 4 : S’il y en a qui ont envie de réagir, de dire des choses, n’hésitez pas, je ne veux pas qu’il y ait de temps de parole. C’est comme ça, chacun peut s’exprimer librement, que tout le monde puisse parler.

Locuteur 6 : Je voudrais rebondir sur un truc dans ta présentation. Tu as parlé de pouvoir le présenter d’une manière fluide à d’autres, ce qui est certainement un but. Et après, tu as parlé d’une manière unifiée, ce qui est certainement un autre. Ce que je veux dire, c’est qu’on peut avoir chacun des manières de présenter le projet qui va être perçu fluide par celui qui l’écoute. Mais si on s’entend chacun présenter comme on le présente, on ne le présente pas de la même manière et pas avec les mêmes contenus. Donc ça peut être fluide tout en n’étant pas unifié. Ça, je voulais évoquer. Donc c’est deux contenus qui sont bien complémentaires. Je pense que le fluide, on l’aura d’autant mieux que tout le monde partage des points de vue dessus. Ça, c’est pas trop compliqué. Que unifié, ça va être une autre étape plus intéressante aussi. Voilà, c’était juste.

Locuteur 4 : Je préférerais le mot unifier. Pour moi, unifier, c’est quelque chose d’uni. Moi, c’est plus partagé. C’est une bonne superposition des visions. Ce ne sera jamais une vision unie.

Locuteur 6 : Ce que j’essaie de dire, le manifeste, c’est un écrit, alors que le fluide, ça peut être 15 présentations, 15 émetteurs et destinataires, les deux différents. Le manifeste, c’est un écrit. Donc là, c’est automatiquement beaucoup plus partagé.

Locuteur 6 : Et perso, tu disais qu’en réalité, tu ne savais pas. Mon… Oui, ma proposition, ce serait qu’on se donne une minute chacun et on écoute comment chacun le présente. Ce sera passionnant de voir les différences.

Locuteur 4 : Ça peut être intéressant aussi ?

Locuteur 6 : Non, merci. D’accord.

Locuteur 4 : Non, après, chacun. Ça aurait été l’occasion pour… pour les gens, on comprend un peu de quoi on parle.

Locuteur 7 : Si c’est utile pour vous, oui. Si c’est utile, oui.

Locuteur 4 : Je vais mettre ça. C’est un travail qu’on a fait hier, de dégrossir ce qu’on pouvait y voir. Donc je lance vos inspirations.

Locuteur 7 : Je me décale.

Locuteur 4 : C’est vrai que moi, je n’ai pas participé à la plénière hier.

Locuteur 8 : Je veux bien m’exprimer. Le fait qu’effectivement ta problématique m’intéresse. Parce que quand je dois présenter le projet, j’ai toujours un peu de mal à savoir par où partir. Ça dépend aussi à qui je m’adresse. Les parents qui ne connaissent rien au sujet ou des amis qui connaissent bien. Moi, je le vois aussi cet atelier, pour être intéressant aussi pour moi, pour m’entraîner à présenter le projet aussi.

Locuteur 8 : Donc c’était une question de clarifier la partie technique, la partie RSU, la partie… Enfin voilà, je suis là aussi pour… par intérêt personnel pour présenter le projet.

Locuteur 1 : Et si vous avez besoin d’un cobaye, je veux bien.

Locuteur 3 : Tu présentes le projet ?

Locuteur 1 : Non, pour recevoir. Pour recevoir de façon complémentaire ce que chacun, je ne sais pas, c’est ce qui me vient. La première chose, c’est, ce qui me vient, c’est quelle intention, quel besoin il y a à faire ce manifeste ? Est-ce que c’est parce que ce n’est pas très clair déjà entre les porteurs du projet ? Ou est-ce que c’est comment le partager ?

Locuteur 5 : C’est quand même toi qui as provoqué cette réunion. Du coup, c’est quand même intéressant que tu parles vraiment de toi.

Locuteur 5 : Tes interrogations, tes problématiques.

Locuteur 5 : Moi, je peux te dire, j’ai tendance justement à beaucoup parler de ce sujet-là, mais là, moi, juste pour… Avec la constellation, je me sens en état un peu… Je me sens vraiment en observation et je ne me sens pas de commencer à… à clarifier des choses, tout ça. À la limite, je suis parti là si je sens que ça…

Locuteur 6 : Mais pendant que tu es là, tu es quand même participant. Parce qu’être observateur, c’est pas… Voilà.

Locuteur 5 : Pour l’instant.

Locuteur 8 : Je résonne avec ce que tu dis Sébastien, parce que c’est vrai que ça n’est pas le contexte aussi pour Laetitia, qu’on a fait une constellation familiale, qui est vraiment déconnectement. Oui, familiale, mais adaptée à un système qui est le nôtre, en l’occurrence, Reconnexion. Et dans cet exercice, tu connais, on a vraiment débranché le mental, je le dis aussi pour essayer de moi aussi de rebrancher le mental. Donc il y a une sorte de transition là, où j’ai du mal à passer de cet atelier à celui-là qui va être plus…

Locuteur 9 : Je comprends.

Locuteur 5 : Moi aussi, ça m’a amené de la confusion. C’est ça qu’on a un peu dans sa tête.

Locuteur 9 : Je le sens bien, mais c’est OK. Je suis en formation de conseillère. Je le sens. Je vois bien.

Locuteur 5 : Pour clarifier, un élément que je vois qui me gêne, par exemple, c’est le fait que…

Locuteur 4 : On parle beaucoup de l’interopérabilité d’un côté, et du réseau, plus le réseau social relie les gens dans le réel. Mais l’interopérabilité, j’ai l’impression que maintenant, elle est pas mal incarnée par NextGraph. C’est-à-dire la technologie qui est en dessous, qui va permettre cette interopérabilité. Et elle est suffisante dans ce rôle-là. Et du coup, je vois au niveau de l’identité du projet, on est en train de passer presque sur NextGraph. On pourrait le faire autrement, même si NextGraph n’existait plus, on pourrait le faire autrement, c’est pas ça l’enjeu, mais… Du coup, il y a ce côté où le réseau social universel, c’est vraiment deux choses différentes que je n’arrive pas à réconcilier en un seul. C’est un peu gênant pour pouvoir présenter la chose. J’ai l’impression de présenter deux choses différentes.

Locuteur 2 : Est-ce que l’interopérabilité, elle a besoin d’être technique ? Si j’ai bien compris, l’interopérabilité, c’est le fait que le réseau social universel informatique va pouvoir gérer les différentes applications informatiques qu’on aura, chaque individu, facilement.

Locuteur 2 : Donc le côté technique qui favorise l’interopérabilité permettrait à mon individu d’aller vers de la facilité et d’aller vers ce réseau-là en disant, comme c’est interopérable avec mes autres trucs, ça va aller. Ça, c’est une chose que je traduis comme ça, pour l’interopérabilité. Et en plus, c’est quand même quelque chose qui va m’amener à favoriser les rencontres dans le réel. Donc ça aussi, ça m’amène à aller plus vers ce réseau-là, que tous les autres réseaux qui sont moins dans la favorisation du réel.

Locuteur 10 : Je ne sais pas si c’est clair ou pas.

Locuteur 11 : Toi, tu es informaticien, je crois. Tu avais lu l’âme avant ?

Locuteur 11 : On l’a lu ensemble.

Locuteur 11 : Ah d’accord.

Locuteur 5 : Est-ce que je pourrais juste prendre avant ? Parce qu’en fait, j’ai envie, je veux juste partir. Parce que je sens que je ne suis pas du tout… Enfin, ce n’est pas que ce n’est pas intéressant, c’est juste que je ne me sens pas du tout dans un truc mental. Et je voulais juste dire une chose par rapport à la problématique, et après je ne veux pas. C’était juste que vraiment, Reconnexion, ça a été vraiment osé en disant, on part de l’idée que le réseau social universel est possible techniquement. Aujourd’hui, c’est une réalité, c’était un peu anticipé. Que c’était pas encore tout à fait ça et donc il fallait quand même sûrement aider quand même à ce qu’il y ait des moyens pour que ça fonctionne bien mais que maintenant c’est une chose qui a cette réalité. Maintenant comment on fait pour s’organiser pour qu’il y ait des applications qui fonctionnent basées sur cette nouvelle possibilité. Et donc volontairement le projet ActivityPod, c’était la solution sur laquelle on s’appuyait au début, que moi j’avais développée, c’était pas dans la raison d’être. Et on n’en parlait pas et d’ailleurs dans le premier webinaire c’est juste mentionné comme ça et c’est possible mais c’est pas ça le cœur. Le cœur du projet c’est pas ActivityPod, ce qui permet maintenant qu’on passe sur un autre projet et du coup c’est encore mieux parce que du coup Reconnexion n’a pas besoin de porter le projet NextGraph parce qu’il est en train de s’auto-… Ce choix d’avoir vraiment dit nous on s’occupe pas de l’aspect technique au sens la couche basse, c’est comme si ce choix s’est confirmé et maintenant ça nous permet d’être plus confiants même s’il y a une partie de notre travail personnel il va être quand même de mettre la main dans le cambouis à ce niveau-là, mais ce n’est pas du tout au cœur de ce qui nous intéresse. Je voulais juste poser ça, si ça pouvait clarifier.

Locuteur 8 : Pardon, mais c’est vrai que moi aussi, je crois que je ne suis pas à ce point dispo, en fait. Donc, je vais aller marcher et vous laisser.

Locuteur 12 : Mais je suis sûr que l’on va le faire.

Locuteur 6 : Je connais beaucoup moins ces contenus techniques que toi, mais je voudrais juste valider ma compréhension de l’état actuel du contexte du projet. À savoir que j’ai bien entendu que NextGraph devait apporter des solutions techniques à des choses qu’on n’avait pas avant. Mais je n’ai pas encore bien fiabilisé que NextGraph nous apportait tous les besoins techniques dont on avait besoin pour le réseau social universel. Je précise, il va apporter des choses en plus comme le chiffrement, il va apporter des portefeuilles de données comme on en voulait, donc on les aura, c’est très bien.

Locuteur 6 : Je ne sais pas si c’est clair ce que je dis, sinon tu me dis.

Locuteur 6 : Pardon ?

Locuteur 6 : Ok.

Locuteur 6 : Il va apporter… Ce que je ne suis pas sûr, dès le départ, la grande clé de ce portefeuille de données, c’était qu’on se connectait à un endroit, et dans cet endroit, on avait accès à toute l’immensité des constellations, des satellites, de toutes les applications possibles, parce qu’on était identifié une fois pour toutes par toutes les applications grâce à tout ce portefeuille de données. Donc, la première question, c’est est-ce que c’est bien l’objet de NextGraph de faire un noyau, un noyau dans lequel un individu arrive une fois, et une fois qu’il est connecté, il a accès et la visibilité de tout ce qu’on lui a ouvert, ce qui s’est ouvert. Si oui, c’est déjà un point, à mes yeux, énorme pour confirmer qu’on a moins besoin de contenu technique.

Locuteur 6 : Un autre besoin technique, et ça j’ai cru entendre que NextGraph le faisait aussi, donc ça confirmerait que tout est bon, si je peux dire, c’était la granularité. C’est-à-dire qu’un individu dans son portefeuille de données peut dire à elle je donne ça, à lui je ne le donne pas, je lui enlève ça, enfin il y a une granularité où l’individu est maître de chacune de ses données vers chaque individu et vers chaque groupe qui s’est mis dans le truc. Je crois que tu me confirmes peut-être que tout ça est bon, auquel cas la raison d’être de…

Locuteur 6 : Reconnexion, la SCIC, reste absolument la même et compatible. Elle a moins à faire du côté technique, elle a tout à faire du côté de deux choses. C’est de faire du déploiement, faire exister et utiliser les applications qui sont les plus pertinentes pour faciliter les rencontres et les connexions en présentiel et compagnie, et là on a plein d’envies, moi j’ai des envies d’apps très précises, il y en a plusieurs. Donc ça à mon avis c’est une raison d’être qui n’est pas dans le projet NextGraph, puisque lui c’est de mettre le noyau compatible pour qu’on puisse l’avoir, mais d’avoir les bonnes applications et autres choses. Et j’ai parlé seulement d’avoir les bonnes applications.

Locuteur 6 : La deuxième chose, c’est d’avoir évidemment les usages, de déployer l’usage de ces applications qui chacune est faite pour faciliter connexion, liaison, rencontre, présentiel, par tout un univers de réseau social qui n’est pas du tout informatique, qui utilise l’informatique pour devenir présentiel, local et compagnie. Voilà, pour moi la raison d’être est absolument claire et bonne.

Locuteur 6 : NextGraph est magnifique pour nous délester d’une chose. Plus vite on aura l’usage, et donc peut-être que là on a intérêt à aider NextGraph à ce que l’usage minimum demandé soit plus rapide, parce qu’on pourra d’autant plus vite avoir des apps qu’on n’a pas encore. Voilà, j’ai fini.

Locuteur 13 : Moi, je voulais parler de Reconnexion. Il y a une dimension, c’est qu’on est en train de proposer une alternative à Facebook, à LinkedIn, à tout un tas d’outils de réseaux sociaux.

Locuteur 3 : C’est ça, Telegram.

Locuteur 13 : Oui, WhatsApp, Telegram, toutes ces choses-là, potentiellement, on va pouvoir les offrir. C’est comment on fait pour… faire venir du monde parce que ça ne peut fonctionner que s’il y a une masse critique qui est là. Et comment on arrive à la masse critique ? C’est vrai qu’on peut commencer à fonctionner tout à fait sur la preuve du concept. Il faut qu’on le montre pour que ça fonctionne, pour pouvoir attirer des gens. Mais de toute façon l’ambition telle que je la vois ici c’est de dire Reconnexion ça devient la plateforme sur laquelle il faut être, donc il y aura des portefeuilles, des app stores, des bouquets d’applications, donc bouquets d’applications qui seront soit le bouquet d’applications qui est promu par Reconnexion parce que c’est un peu comme Apple qui a son store ici. Pas comme Apple parce que Apple c’est fermé, mais c’est plutôt… Par exemple, on voit qu’il y a sur les smartphones, il y a F-Droid qui permet d’avoir toutes les applications libres. Et puis, on sait. C’est essayer de voir. Voilà.

Locuteur 4 : Quel est le différenciant ? Ce sera remplacer les autres, mais avec quelle différence ?

Locuteur 13 : La différence, c’est que tu es propriétaire de tes données. C’est la même chose que sortir de Google pour aller sur les logiciels libres.

Locuteur 4 : L’élément fondamental, c’est ça. Je contrôle mes données.

Locuteur 13 : Je ne suis plus…

Locuteur 4 : Parce que ce n’est pas comme ça qu’on définit le réseau social universel dans la raison d’être. C’est ce que je veux dire. Non, non, pardon. C’est qu’on projette, il y a une histoire de données, il y a une histoire d’interopérabilité, il y a une histoire de ramener vers du réel. Et c’est des dimensions différentes, et comment on unifie une vision avec des choses aussi différentes ?

Locuteur 13 : Pour moi, je n’étais pas sur ce registre-là, j’étais vraiment sur le registre de si on veut que ça marche, c’est-à-dire qu’il faut que derrière, il y ait une appropriation. Moi, je fais toujours des projections dans les 3 à 5 ans. C’est dans 5 ans où on veut être. Et peut-être que là, c’est le rêve du dragon qu’on pourrait utiliser pour se dire, dans 5 ans, si on veut que ça ait du sens, on transforme la société par des outils qui sont beaucoup plus respectueux, qui sont plus… pair-à-pair, c’est le protocole. Tout ça, c’est les socles techniques. Et c’est derrière, comment on fait pour faire… permettre aux personnes qui commencent à se dire j’aimerais bien. Moi je le vis de la même façon par les gens qui sont dans Google Apps, moi je propose du Nextcloud ou des solutions alternatives qui sont libres, les gens ils ont tous envie mais ils n’ont pas le temps. Ils n’ont pas le temps, ils disent on peut pas. Et quand tu vas les voir tu leur dis moi je peux vous accompagner, c’est pas notre priorité. Il n’y a que par exemple j’ai rencontré L214, ils nous ont dit nous on est un peu plus… C’est tellement… mettre nos données chez Google, c’est comme si on allait faire nos réunions chez McDo. C’est aussi incongru. Nous, on y va. Mais ça a un coût, ça a une… Il faut vraiment que ce soit porté dans les… J’ai dit.

Locuteur 14 : Pour répondre à ta question, le bouquet d’applications qui serait promu par Reconnexion correspondrait à la raison d’être, donc des applications qui permettent la rencontre.

Locuteur 14 : Donc s’il y a une application qui ne rejoint pas ces trois piliers-là, on peut en trouver un autre, le rêve, l’indic ou autre chose. On pourra faire évoluer, mais je disais, bah oui, une suite de productivité, c’est pas exactement ça. Après, tu peux me dire, oui, mais ça permet quand même…

Locuteur 14 : Je pense que la distinction sera assez facilement… qui rentre ou pas, et puis ça pourrait évoluer.

Locuteur 6 : Moi, j’ai quand même une question là-dedans. Il y a des choses qui nous intéressent. Vas-y, vas-y. Je crois que tu as fini.

Locuteur 14 : Non, je sais.

Locuteur 6 : D’accord. J’ai une question. J’ai bien compris que le projet ELFA, c’est le projet NextGraph avec un consortium de 13 entités. J’ai bien compris que ce projet est vu par nous comme un… plutôt axé productivité et remplacer les GAFA dans les outils de productivité. Mais par contre, là tu m’as donné un mot que moi je n’ai pas, je suis beaucoup moins un technicien qu’eux, c’est la plateforme sur laquelle il faut être. Personnellement, dans le projet Reconnexion, je m’en fous que la plateforme s’appelle ELFA ou Reconnexion, et même je dirais presque, si elle s’appelle ELFA, c’est encore plus puissant, parce que du coup, on attire vers une plateforme qui fait aussi sortir des GAFA. Avec une seule connexion pour toutes les applications que va faire aussi ELFA en plus des nôtres. Donc ça, c’est une question, pour moi, de tactique. Mais le fond…

Locuteur 6 : Alors tu parles de raison d’être de Reconnexion qui n’est pas de l’informatique. Oui, mais on s’en fout, la raison d’être, ce n’est pas les moyens de faire. L’informatique, c’est un moyen de faire. La raison d’être, elle est très claire. Et dans les moyens de faire, évidemment, l’informatique est très présente. Ça a été créé par des informaticiens. Mais la raison d’être, comme il le dit, c’est d’obtenir la masse critique. Ce n’est pas parce qu’on a un bon univers technique qu’on a le volume d’utilisateurs. Et comment on veut attirer vers la masse critique ? Il y a deux outils. Il y a d’avoir des outils tels que les applications actuelles, donc sortir des GAFA, qui seraient encore plus performants pour attirer les utilisateurs, tant mieux, c’est en théorie ce que devrait faire NextGraph, ou ELFA. Mais il y a l’autre objet, qui est celui qu’on utilise aussi, c’est des applications qui manquent pour avoir un bon réseau social universel. Des applications où on va à un événement, on a des données confidentielles, on peut donner à qui on veut comme on veut, et du coup on garde contact avec tout le monde en n’ayant rien de… rien de donné à McDo ou aux GAFA.

Locuteur 6 : Et ça, il y a deux tactiques complémentaires. Il y a la tactique de faire des outils, des services comme les GAFA, mais aussi bons, voire meilleurs, pour attirer des nouveaux utilisateurs. Et il y a, nous, de proposer des applications qui n’existent pas et qui rendent un service immense et qui sont dans le pot commun d’un seul identifiant, de mes données à moi, chiffrées, de tout cet univers qui n’existe absolument pas chez les GAFA, de l’open source.

Locuteur 6 : Moi, je n’ai pas de problème d’identité, de Reconnexion, mais j’ai un problème un peu, justement, dans cette identité, de se positionner où dans ce qui existe. Se positionner en tant que Reconnexion comme plateforme ou en tant qu’ELFA, personnellement, je trouve encore plus riche si on peut se positionner dans une plateforme où on attire encore plus tout le monde vers le nouvel univers qu’on souhaite. J’ai fini.

Locuteur 4 : Moi, j’ai l’impression qu’on ne parle pas de la même chose. Peut-être que vous ne percevez pas le problème que j’ai ou que vous ne le ressentez pas. Pour moi, c’est le problème de présenter le réseau social universel.

Locuteur 4 : Oui.

Locuteur 4 : Tu parles de tactique, tu parles de stratégie, de masse critique. Pour moi, tout ça, c’est après. Pour l’instant, j’ai le problème d’arriver à le présenter à quelqu’un qui ne le connaît pas. Est-ce que je lui parle d’interopérabilité ? Est-ce que je lui parle d’aller vers de l’humain, de l’entraide, de la coopération ? Est-ce que je lui parle de la sécurité de ses données ? C’est des choses complètement différentes.

Locuteur 3 : Les trois, mon capitaine.

Locuteur 4 : Peut-être, mais ils ne sont pas dans la raison d’être tous.

Locuteur 6 : Quand je présente un projet, je présente le contexte, l’objectif et les étapes. Et tous les trucs-là, c’est des étapes. Donc il faut d’abord présenter le contexte et l’objectif.

Locuteur 4 : C’est des étapes, c’est des objectifs.

Locuteur 6 : Ah mais les objectifs en contexte, les gens comprennent.

Locuteur 6 : Non, pas automatiquement.

Locuteur 4 : Tous les éléments que je dis, pour moi, ce sont des objectifs.

Locuteur 6 : C’est des étapes. Les étapes, c’est des choses qu’il faut faire pour atteindre l’objectif.

Locuteur 4 : Il n’y a pas de nécessité à ce que j’aie mes données sur mon ordinateur pour faire un réseau social humain.

Locuteur 6 : Si, c’est la confidentialité. C’est le côté local.

Locuteur 4 : Ce n’est pas nécessaire pour entraîner des rencontres, pour faire de la coopération ?

Locuteur 6 : C’est nécessaire pour se sentir tranquille dans ses données et pas les donner aux GAFA. Le réseau social humain tenu par l’ONU, c’est pas…

Locuteur 6 : Pardon ?

Locuteur 4 : C’est une vision. C’est ton point de vue.

Locuteur 15 : On peut faire un réseau social humain en étant sous les projecteurs des… D’accord, chacun sait ce qu’il veut. C’est pas un réseau social humain, c’est pour ça qu’on veut le faire.

Locuteur 15 : Je vais témoigner. En 2004, j’étais le numéro un, le pionnier des réseaux sociaux professionnels. C’était Viadeo. J’avais plein de gens qui étaient en train de me dire, mais pourquoi tu t’exposes autant, tu as autant de contacts, tu ne les connais pas tous, etc. Aujourd’hui, personnellement, j’adhère à Reconnexion, mais en même temps, personnellement, je m’en fous que mes données soient partout, qu’elles me soient pillées, etc. Je m’en fous d’être trollé, machin et tout, je m’en fous complètement. C’est intéressant d’entendre des gens, je ne suis pas représentatif, tout le monde a, mais il y a une catégorie de gens comme ça.

Locuteur 15 : Donc ça, moi ce que je voulais juste dire, je voulais témoigner que j’ai un grand usage des réseaux sociaux, j’y vois aucun danger parce que je sais gérer, comme on a dit pour l’IA. Par contre, ce qui me manque ici, et je suis content qu’on en parle, parlons utilisateur. Faisons ce qu’on appelle les focus groups avec des usagers. Hier, quelqu’un, je crois que c’est Sébastien, qui disait ça, il parlait de… usagers experts, oui c’est ça, usagers experts. Faites venir parler des usagers experts.

Locuteur 15 : Parce que, vous dites, t’as raison, je suis d’accord avec toi, mais tous ceux qui utilisent aujourd’hui WhatsApp, qui sont addicts à WhatsApp parce qu’ils trouvent que c’est très bon pour eux, comment tu vas les faire venir sur autre chose alors qu’ils sont très contents ? Donc déjà, ça serait intéressant de savoir, qu’est-ce qu’ils trouvent de bien dans WhatsApp ? Leur faire dire, est-ce que vous voulez autre chose que WhatsApp ? Est-ce que votre sac à dos de données, vous en avez envie ? Et si vous en avez 95% qui vous disent, on n’en a rien à faire, il faut se poser la question.

Locuteur 15 : Donc, effectivement, j’avoue, personnellement aussi, mais je ne vais pas prendre trop de temps. Le problème aussi qu’on a, je vais même avec vous parce que je suis avec vous, quand on dit réseau social universel, le problème c’est que les gens réseau social c’est pas le vôtre, c’est complètement différent. Et là pour le coup même moi qui connais bien, vous avez du mal à me faire entrer dans c’est pas un réseau social, vous développez une plateforme qui va accueillir des outils d’application sociale, donc il faut que je fasse le chemin pour comprendre ça. Mais tous les gens qui disent, moi j’ai un réseau social, je suis sur Facebook, Instagram, je partage, je suis sur LinkedIn.

Locuteur 15 : Alors quand tu as dit tout à l’heure par contre l’intention aussi, il faut faire attention dans ce qu’on dit. Tu dis les outils actuels ne permettent pas d’aller dans le réel. Mais attendez, vous vous représentez ou quoi ? Moi depuis Viadeo, je disais, j’allais dans les 15 villes de France, je disais à tout le monde, venez, parce que j’avais énormément de contacts, venez dans le café à la place centrale et on va se rencontrer. Donc il ne faut pas avoir ce discours vis-à-vis des gens, parce que tu vas les faire fuir, tu vas dire, mais quelle planète c’est ? Donc il faut qu’on montre la différence. Et on a là une différence.

Locuteur 15 : Mais je ne suis pas sûr que ce soit l’interopérabilité, alors là, je ne suis pas sûr que ce soit la confidentialité, c’est un plus, c’est un plus, mais ce n’est pas ça. Et je reviens, désolé encore une fois, hier je suis arrivé sur la plateforme, j’ai vu personne. Non, là, moi personnellement, je suis tombé au fond du trou. Surtout qu’on me l’a vendu comme un réseau social, j’ai envie de dire, changez de nom. Appelez-la une plateforme où il y a des applications sociales.

Locuteur 15 : Donc, l’essentiel que je voulais dire, c’est parlons utilisateur. Alors que là, on parle de vous, où vous êtes vous, vous développez, NextGraph, moi j’aimerais qu’on oublie NextGraph, qu’on n’en parle plus jamais en fait. Qu’on le développe, et je trouve ça très pertinent NextGraph, mais qu’on n’en parle surtout pas.

Locuteur 15 : Bon, désolé, je suis un peu… Comme disait… Tu es passionné, désolé. Tu n’as pas complété sur… Tu as donné des différences minimes, négligeables, tu vois, quand tu as parlé de confidentialité et d’interopérabilité pour les utilisateurs. Mais qu’est-ce que tu vois comme différence majeure pour le projet ? Voilà, c’était la question que j’avais.

Locuteur 15 : Eh bien, justement. Quel est le mot-clé ? Eh bien, le mot-clé, c’est valeur. Éthique. C’est ça qu’il faut vendre. Mais pas NextGraph, l’interopérabilité, etc. C’est des valeurs. Moi, pourquoi je suis là ici ? Moi, j’ai tous les outils réseaux sociaux que je veux. J’organise des rencontres autant que je veux. D’ailleurs, Sébastien, je l’ai rencontré comme ça et je l’ai fait venir à un événement réseau. J’ai tout ce qu’il me faut. Moi, ce qui me manque, c’est la valeur. Et ça, c’est clair. Je sais très bien que Facebook, Instagram, ce n’est pas les valeurs. On parle de valeurs humaines. Que les valeurs financières…

Locuteur 15 : Alors, vous avez raison, valeurs, l’éthique, ne pas donner aux milliardaires qui défiscalisent, ne pas permettre des vols de données, etc. Donc, oui, je pense qu’il faut rester sur les valeurs. Et on fédérera beaucoup avec la valeur, mais on ne leur dira pas, on va te donner un autre outil, ou on va faire mieux que WhatsApp. Non, pour moi, c’est… ce n’est pas un argument, parce qu’ils sont vraiment… ils sont tous dessus, quoi. Puis ils y voient tous avantage. D’ailleurs, je crois même que Sébastien, hier, avec Antoine, disait… nos gens, on n’arrive pas à les faire sortir de WhatsApp. Ils sont WhatsApp, quoi.

Locuteur 15 : Je ne crois pas que ce soit ça le combat, en fait. Le combat, c’est de dire qu’on a un réseau social de valeur. On pourrait peut-être enlever le mot universel, parce que ça, on ne comprend rien. On ne peut plus se soucier qu’un réseau social est universel. Un réseau social, il est universel. Donc je mettrais plus, mais encore une fois, je n’ai pas réfléchi profondément. Vous me demandez de… Réseau social avec des valeurs, quoi. Éthique. Éthique ou… Mais même éthique, c’est trop… Mais je ne sais pas comment dire. Il faudrait trouver un truc pour dire que c’est un réseau social…

Locuteur 2 : Vertueux.

Locuteur 15 : Oui, oui, voilà. C’est proche. Merci. Et bien voilà, RSV.

Locuteur 15 : C’était mon point de vue, mon témoignage.

Locuteur 15 : Et depuis 2004, vraiment, j’ai été… un usager expert.

Locuteur 15 : Oui, c’est ce que j’ai dit hier, excusez-moi encore. Il faudrait que des usagers comme moi… un à trois. Oui, mais ils sont, comme j’ai dit, ils vont vous aider à donner le nom, ils vont vous aider à trouver des fonctionnalités, et surtout, ils vont être fiers de dire, on est les ambassadeurs qui avons participé à cette création. Et là, je ne sens pas suffisamment ça. On parle de co-création.

Locuteur 4 : Tu pars sur la stratégie, là. En restant sur l’identité, moi j’aimerais bien comprendre d’où sort ce côté vertueux que tu as perçu. Est-ce que tu saurais le rattacher à d’autres choses ? Est-ce que c’est justement le soin accordé aux données que tu as senti comme plus vertueux ? Ou l’interopérabilité ? Ou quel est l’autre truc que tu rattacherais à ça, vraiment dans les mots qui ont été employés dans la communication, de Reconnexion du réseau social universel ? Qu’est-ce que tu as senti ? Qu’est-ce qui t’a attiré ?

Locuteur 15 : On n’est pas le produit. Les Facebook et tout ça, on sent qu’on nous donne des trucs, mais on est le produit, on utilise nos données pour nous vendre des trucs. Donc ça, je pense qu’il y a plein de gens qui vont être d’accord avec ça. C’est le modèle économique derrière. Oui, c’est-à-dire, c’est tes données, et t’en fais ce que tu veux, et t’en es propriétaire. Mais je répète, il ne faut pas mettre ça en premier. Il faut dire que c’est un réseau social comme les autres, mais vous avez ça en plus. C’est vertueux, on va résumer, c’est vertueux.

Locuteur 4 : C’est simple. Je sens que… Voilà, c’est ce qui émerge.

Locuteur 15 : Je viens de le dire. Moi, j’avais dit apaisé. Oui, ça, il est joli. Quand tu dis apaisé, quand j’avais présenté… on allait faire des pitchs à l’université. Et du coup, pour prendre un petit peu le contact, on a essayé de la pousser.

Locuteur 15 : Et puis une suggestion aussi, mais là, peut-être que… Quand j’y pense, je me dis que ça serait pas mal que vous permettiez dans un premier temps qu’on vienne avec nos réseaux actuels, en fait. Que je puisse venir avec mon LinkedIn, avec des… Qu’on ne me dise pas tout de suite qu’il faut tout fermer. Parce que je pense qu’il faut laisser un temps de migration, en fait. Et c’est pour ça que j’ai dit naïvement dans le profil, si on en a parlé hier avec Antoine, si sur mon profil je pouvais mettre mon lien LinkedIn, je trouve que ça serait sympa. Mais par contre, je veux que dans 2-3 ans, il n’y soit plus. Parce que je veux qu’on coupe vraiment. Mais il faut être réaliste. Je veux dire, moi le premier, ça fait beaucoup d’un coup de dire, tu vires tout, et donc que je puisse mettre mon lien LinkedIn.

Locuteur 15 : Je sais que ça fait un truc qui ne peut vraiment aller vers ça, mais que je puisse aller chercher mes contacts dans d’autres trucs pour leur dire venez là.

Locuteur 15 : Mais tu peux, actuellement, avec ton lien d’invitation, tu envoies un mail à 1000 personnes.

Locuteur 15 : Par les mails, mais après, bon, d’accord.

Locuteur 15 : N’importe quoi, mail ou même LinkedIn. Moi, à un moment donné, je me suis dit, un jour, je vais écrire mon dernier message LinkedIn, c’est voilà. Maintenant, je suis ici. Ça, c’est une super opération de com’.

Locuteur 4 : Est-ce que c’est ça que tu appelles venir avec ? Est-ce que c’est j’informe tout le monde et je me barre ? Ou est-ce que toi, tu aimerais plutôt que…

Locuteur 15 : Non, j’aimerais qu’il y ait une… Comme ça. Oui, oui, oui, bien sûr. Ça fait trop abrupt. Non, je ne peux pas fermer la porte. C’est même fou. Moi, si j’ai compris, c’est ce que je ferai avec mes emails dans trois ans. Mais aujourd’hui, je ne vais pas changer d’email.

Locuteur 15 : Moi, ça m’évoque une transition en douceur. C’est ça. Simple, c’est ça.

Locuteur 15 : Mais moi, j’ai aussi l’intention de fermer ma page LinkedIn et continuer à promouvoir Reconnexion sur LinkedIn. Je suis souvent entre les deux.

Locuteur 15 : Moi, je pense qu’il ne faut plus être actif sur LinkedIn et il faut parler sans cesse. Aujourd’hui, mon actu, venez la chercher sur Reconnexion. Vous avez des liens. Mais effectivement, je ne me vois pas m’enlever de LinkedIn. Ça, je ne pense pas. Ça a du sens. Pas aujourd’hui.

Locuteur 15 : Oui, mais j’ai dit que dans trois ans, je ne l’enlèverai pas. Mais on reparlera de ça dans trois ans. Voilà. À long terme. C’est moyen terme ou long terme ? Trois, cinq ans.

Locuteur 2 : Moi, j’ai aimé plein de trucs dans ce que tu as dit. La raison d’être, c’est faciliter l’émergence du réseau social. Alors, effectivement, universel.

Locuteur 16 : Vertueux. Non, ça, ça.

Locuteur 2 : Social, effectivement, pour le réseau social. Quand on dit réseau social, on entend universel. C’est trop la différence, en fait. Globalement, dans le jeu.

Locuteur 16 : Je vais aller à l’université.

Locuteur 2 : Il aurait pu être allumé pendant qu’on fait les garnitures.

Locuteur 17 : Comment ?

Locuteur 2 : Il aurait pu être allumé au moment où on commence à faire les garnitures.

Locuteur 17 : Il faut le faire chauffer. Il faut le monter encore.

Locuteur 2 : Donc là, mon idée, c’est en fait, comment faciliter l’émergence ? Pour moi, la question, c’est ça. Et le comment, aujourd’hui, je pense qu’il est peut-être beaucoup tourné vers la technique. Mais c’est le côté interopérabilité dont on a dit aujourd’hui interopérabilité et réel.

Locuteur 2 : Et l’interopérabilité finalement est-ce que c’est pas juste à la fin de dire, une fois qu’on a amené des arguments plus consistants à la personne, au final oui, c’est pratique, t’inquiète pas, c’est interopérable. Et avant ça tu arrives à amener la personne à être convaincue qu’effectivement elle ait envie de prendre la peine, parce que c’est une peine, d’y venir, de prendre le temps. Pourquoi ? Et là, on trouve le côté valeur, éthique, vertu. Toutes les personnes ne seront pas par là, mais je pense que de plus en plus de personnes prennent le temps, la peine d’aller vers des vertus. Parce que je pense que ça commence à venir.

Locuteur 2 : Et donc, listons ces vertus, c’est-à-dire quelles différences, pourquoi il y a plus de vertus là-dessus ? Moi, ça va sur WhatsApp, je dis j’en viens, je ne sais pas quoi, mes réseaux actuels. C’est quoi ces vertus ? Pourquoi tu es plus vertueux ? Ça, ce serait, je pense, intéressant d’arriver à le lister. Pourquoi mes données aussi, elles sont… Pourquoi c’est plus vertueux d’avoir mes données à moi toujours, plutôt que chez les GAFAM, en fait, qu’est-ce qu’elles en font, vraiment, c’est pas le problème, en fait. Et je crois que c’est plein de personnes qui ne savent pas quel est le problème. Et ça, je pense que c’est ça qu’il faut peut-être arriver à expliquer aux gens. Je pense que la plupart des gens, en fait, d’ailleurs, même aussi, je pense que je saurais peut-être un peu, mais la plupart des gens, en fait, on ne sait pas trop… C’est quoi le problème, en fait, actuel ? Pourquoi on changerait ? Finalement, il est où le problème actuel ? Et je pense que c’est en définissant peut-être les problèmes actuels, le non-vertueux actuel, qu’on pourrait amener les gens à ces vertus-là.

Locuteur 2 : Et j’aimais aussi l’idée de transition douce, j’ai entendu. Mais à voir. Moi j’ai l’expérience de quelqu’un qui avait un petit WhatsApp avec un monde, et un petit collectif, voilà, qui a dit, ben non, maintenant WhatsApp, j’ai pas envie, je vais aller vers Signal, en pensant que Signal, bon voilà, Signal on ne leur vend pas, on ne leur donne pas l’accès à nos données, même s’ils peuvent regarder. C’est moins… C’est peut-être… Je ne sais pas si on va dire… C’est plus vertueux d’aller vers Signal que WhatsApp. Donc, il y a un changement comme ça. Je coupe mon WhatsApp. Si vous voulez continuer de me suivre, en fait, je suis sur Signal maintenant. Il y a plein de gens qui ont suivi. Même des gens qui disaient, moi, je ne suis pas Signal. Allez, hop, on y va. Il y a quand même des gens qui sont restés, quand même. Donc, il y a une espèce quand même de transition. Concrètement, je vois ça, en fait. Une espèce quand même de truc qui se vide au fur et à mesure, mais qui est toujours là. Et de l’autre côté, qui prend. Voilà.

Locuteur 14 : Je veux juste, parce que tout le monde n’est pas au courant, mais Malvina, c’est une utilisatrice de Bienvenue Chez Moi depuis plusieurs années. Donc elle est, on va dire, experte utilisatrice du RSU, tout en ayant continué à avoir une activité sur d’autres réseaux assez intense.

Locuteur 2 : J’ai pas de Facebook.

Locuteur 14 : Est-ce que tu m’as donné ce que tu disais ou pas ?

Locuteur 2 : Pardon ? J’ai jamais eu de Facebook, je ne veux pas en démarrer, mais j’ai…

Locuteur 14 : Je me trompe. J’ai confondu. Ok, voilà.

Locuteur 14 : Elle a le recul sur l’utilisation. Et en fait, la plupart des utilisateurs de Bienvenue Chez Moi, on n’aura jamais parlé de portabilité, d’interopérabilité, de données personnelles, etc. Juste, on leur a mis dans les pattes un outil. Il y avait des gens sympas, ils ont organisé des trucs ensemble. Et le truc, petit à petit, a grossi. Pour atteindre 5 à 600 utilisateurs sur 3 ans. Il n’y a pas eu de discours intellectuel.

Locuteur 2 : Mais pourquoi ? Je pense que c’est là où c’est intéressant de faire ça. Pourquoi Bienvenue Chez Moi, ça a pris…

Locuteur 14 : Et donc oui, le côté vertueux, il y a un truc qui m’est venu quand même. Pour moi, un des marqueurs, c’est le temps que tu passes sur un écran. Et en fait, on peut aussi dire que l’idée, c’est de te mettre des outils dans les mains qui vont te faire passer moins de temps devant les écrans et plus de temps dans la vraie vie. Tout en continuant ce que disait le vieux, de pouvoir réseauter, de pouvoir vendre des trucs, mais que tu y passes le moins de temps possible. Alors que le modèle économique actuel, c’est de faire passer le plus de temps possible pour faire ce que tu veux faire. On essaie de capter, on te donne un truc super, mais au passage, on essaie de capter ton attention, ton temps, ton énergie, ton argent, etc.

Locuteur 14 : Pour moi, le vertueux, il serait là, et il y a ce qu’on appelle des interfaces manipulatoires, pour justement te donner de la dopamine, pour te faire rester, etc. Et aussi, ça en fait partie, de polariser les débats. Quand tu te mets en mode combat, tu vas passer plus de temps. Et c’est juste pour ça que ça oriente un petit peu les débats vers la conflictualité.

Locuteur 15 : Je pense que c’est une des cibles pour nous, pour la suite de réseau social vertueux, c’est de cibler les parents, qui ont ce rôle justement de dire, prenez un autre outil. Et expliquer les dangers et justement de protéger leurs données, etc. Donc ça, je pense que c’est une cible intéressante. C’est jouer sur… Et là, pour le coup, c’est réseau sain, dans le sens, voilà, éduquer, déjouer le fait qu’on nous rend addictifs.

Locuteur 15 : Juste un petit témoignage, j’ai utilisé que 6 heures TikTok. Alors, je suis un gros utilisateur. Il m’a retourné le cerveau. Heureusement que j’avais des amis qui m’ont dit, viens voir l’apéro. Prodigieux comme ça, il m’a hypnotisé. Je ne veux même plus y remettre 5 minutes parce que je pense qu’il va me prendre 3 heures. C’est violent, c’est hyper dangereux. Alors autant LinkedIn, Facebook, je peux en faire tant que je veux, je m’arrête. Il m’a vraiment capté, moi. Vraiment, j’étais, j’en suis encore comme ça.

Locuteur 15 : Donc, voilà, pour revenir à ce réseau social, c’est l’anti-TikTok, quoi. C’est la lenteur, c’est on prend le temps de se connaître, c’est on passe pas tout notre temps dans les écrans, donc je suis d’accord avec ça, vertueux et sain, et notre cible c’est les parents, les grands-parents d’ailleurs, tiens, je suis concerné, les grands-parents. Et là on a un message.

Locuteur 18 : Les profs, les éducateurs.

Locuteur 15 : Tous les éducateurs au sens large.

Locuteur 6 : Je voudrais juste reprendre ce qu’Antoine a très clairement dit, mais ce que j’entends là, c’est dans les modalités de diffusion, une application qui n’existe pas et qui rend un service immédiat et facile à s’approprier, ce qui était le cas de Bienvenue Chez Moi, ça a marché du feu de Dieu, 500 personnes dans une seule petite ville de France. Donc je veux dire, dans nos raisons d’être, déployer des applications qui facilitent des vies sociales saines, c’est évidemment compatible. C’est un outil utile pour notre raison d’être.

Locuteur 14 : C’est une note à VSS. C’est VSS. L’acronyme de ce que tu viens de dire, VSS, c’est VSS. Et VSS, c’est violences sexuelles et…

Locuteur 6 : Violences sexuelles et…

Locuteur 18 : Violences sexuelles et sexistes.

Locuteur 6 : Il y en a qui aiment les acronymes, donc c’est très bien. On appellera RSS, alors quel est ton acronyme sur RSS ?

Locuteur 14 : Ça, c’est un truc génial d’Internet, RSS. C’est les flux RSS, en fait, qui permettent de s’abonner à des blogs et de recevoir sous forme de messages.

Locuteur 6 : C’est pas mal. Si on le prend comme réseau, ça irait ou pas ?

Locuteur 2 : Un réseau social, ça ?

Locuteur 14 : Non, on ne peut pas prendre RSS. Mais RSS, c’est une pépite.

Locuteur 6 : Non, mais on ne dit pas RSS, on dit réseau social sain. Non, mais on peut dire RSSV, tu vois, réseau social sain et vertueux, et puis basta.

Locuteur 14 : Non, mais on n’est pas là. Bon, d’accord. C’est pas la discussion. VSS.

Locuteur 2 : Moi, j’avais envie de dire, dans ce que tu as constaté, que tu t’es laissé happer par un réseau comme TikTok. Tu as pris conscience que tu étais happé. Et moi, je pense que… quand tu dis je m’en fous que les GAFAM ou je ne sais pas qui aient mes données, je pense que là aussi tu te fais happer mais sans en avoir conscience parce que leur rôle c’est que tu ne le vois pas mais eux ils t’envoient par différentes manières, en apprenant comment tu fonctionnes, qu’est-ce que tu aimes, qu’est-ce que tu regardes, etc. Ils savent comment happer ton attention vers des pubs ceci, vers tel… Je ne sais pas. Je dis des bêtises ?

Locuteur 15 : Non, non, mais moi, je ne pense pas. Mais par contre, TikTok, oui. Alors là, vive le champ.

Locuteur 2 : Parce qu’il est flagrant et là, tu le vois.

Locuteur 15 : Il n’a pas fait ça et…

Locuteur 14 : C’est la différence entre la cocaïne et le cannabis.

Locuteur 15 : Oui, on est d’accord.

Locuteur 2 : C’est-à-dire ?

Locuteur 15 : La cocaïne, c’est TikTok.

Locuteur 14 : Facebook, c’est le cannabis. C’est pas très bon pour ta santé. C’est pas mal.

Locuteur 2 : Mais dans les deux, t’en as conscience que c’est une drogue. Oui, le verre de vin, c’est moins fort.

Locuteur 15 : Tu vois, il y a des degrés. L’addiction, quand même. L’addiction.

Locuteur 14 : Il a exprimé qu’il voulait aller vers le… Sur les réseaux sociaux, c’est déjà qu’il le sait. Il n’est pas satisfait de ce qu’il utilise en ce moment.

Locuteur 14 : Je n’ai pas perçu ça en toi.

Locuteur 15 : Il a témoigné qu’en tant qu’individu, quitter les GAFA, ce n’était pas son truc de base. Il ne se sentait pas menacé par les GAFA.

Locuteur 2 : Voilà, moi j’ai senti ça. Il n’y avait pas de menace.

Locuteur 15 : Mais je suis attiré par les valeurs. J’ai envie de quitter les GAFA pour leurs valeurs auxquelles je n’adhère pas du tout.

Locuteur 15 : J’ai compris, j’ai compris.

Locuteur 14 : L’addiction de l’idée, c’est une addiction à l’ocytocine.

Locuteur 15 : À quoi ?

Locuteur 14 : L’ocytocine, c’est-à-dire qu’il collectionne beaucoup de contacts pour avoir de l’ocytocine, alors qu’effectivement, on parle plutôt de dopamine, qui est les petites excitations. Sur TikTok, c’est vachement ça.

Locuteur 6 : Je voudrais juste rajouter un petit témoignage à ce qu’on a raconté. Mais attendez, c’est bon. Pardon, mais je sais que c’était pour moi très évident, mais j’ai oublié le truc.

Locuteur 2 : Ça va revenir. Sur quoi ?

Locuteur 6 : Voilà, mon gamin parle avec sa copine un jour de… On pourrait aller dans tel pays en voyage la semaine prochaine. Le lendemain, dans leur fil, ils ont des pubs sur le voyage en question. Tout à fait. C’est complètement… Je suis constamment… J’ai conscience. Bien sûr que ça arrive, les pubs sur Google, ça arrive tout le temps.

Locuteur 6 : Je pense sincèrement que tu ne t’aperçois pas que dans tes décisions quotidiennes, il y en a plein qui sont bombardées par ça, c’est tout.

Locuteur 19 : Je pense qu’il n’y a pas de nécessité à le faire changer d’avis sur ce point. D’accord. Ça s’appelle le micro-ciblage. C’est du micro-ciblage.

Locuteur 6 : Mais je sais qu’il existe. Mais après, c’est… Bon, c’est pas le… Les pubs ne m’influencent pas. Il y en a que qui m’ont influencé. J’ai acheté deux voitures. Golf et Polo, parce que c’est les deux pubs qui m’ont vraiment influencé.

Locuteur 19 : Si on ne s’arrête pas, tu relances, c’est reparti pour un tour.

Locuteur 19 : Moi, je pense que c’est très important.

Locuteur 2 : Pas forcément l’histoire juste de la pub, ça c’est un exemple, mais je pense que c’est très important, cette prise de conscience de ce qu’on ne voit pas et qu’on pense garder la maîtrise, etc. Je pense que ça, c’est intéressant dans expliquer aux gens pourquoi c’est différent ce réseau social qu’on propose. Parce qu’on ne va pas avoir ça. Il faut qu’ils prennent conscience que ça existe, qu’ils sont embarqués sans le vouloir. Sans consentement. Parlons-en du consentement. Sans consentement ou en croyant garder la maîtrise. Oui, oui, oui. Donc, c’est important.

Locuteur 2 : Pardon.

Locuteur 4 : Antoine, tu as dit expliquer aux gens, et je pense que ce qui serait encore mieux, c’est qu’on présente une solution à un problème que l’on identifie, mais qui n’a pas besoin d’être expliqué. Parce que ça soit suffisamment clair que ça répond à quelque chose de profond, et que du coup, les gens auront envie d’y venir, parce que ça répond à quelque chose de profond. Et on a parlé de faire quelque chose de sain, alors qu’il y a du malsain tout autour. Il faudrait que ça soit visible, que ça se comprenne, je pense. C’est l’intuition.

Locuteur 14 : Énormément. Comment ? Ça rejoint la discussion qu’on a eue avec V. En fait, on fait un truc qui est agnostique. Donc si quelqu’un… Agnostique. Si quelqu’un crée une application qui est addictive, dont l’interface est addictive, mais qui se base sur le réseau social universel, personne ne pourra l’en empêcher et ça marchera aussi bien. Voilà. Je disais juste ça. C’est un gros warning. Parce que… qui aspire et donne des données…

Locuteur 20 : Parce qu’il faut créer un angle de l’interopérabilité du réseau social universel.

Locuteur 14 : Voilà. Non, mais c’est parce que… Souvent, il y a confusion. Il y a les bouquets d’applications que nous, on va promouvoir, qui sont sans doute avec des interfaces non manipulatoires, mais il peut très bien y avoir des gens qui proposent des applications ou même des trucs de jeu, là, on fait comme ça toute la journée, qui font perdre son temps. Ou des trucs… En fait, rien n’empêche quelqu’un de proposer une application. Si tu donnes accès à cette application, tu l’as. Et si le modèle économique de cette application, c’est d’exploiter les données ou c’est de placer de la pub sur l’interface, on ne pourra jamais l’empêcher.

Locuteur 14 : Nous, juste, on ne va pas promouvoir ces applications-là, c’est tout. Mais le truc, c’est qu’on n’a aucun pouvoir. Mais la charte, c’est juste pour faire rentrer dans l’application qu’on propose, certaines applications, on les fait ressortir. Mais ça, c’est nous, c’est notre vision du monde. Dans notre vision du monde, ce qu’on veut promouvoir, c’est ça.

Locuteur 4 : Est-ce que le réseau social universel, c’est autre chose que ce bouquet d’applications ?

Locuteur 14 : Pour moi, c’est la base qui est en dessous.

Locuteur 4 : La base ? Est-ce que ce n’est pas NextGraph ?

Locuteur 4 : Comment c’est en train de s’articuler ?

Locuteur 14 : Non, parce qu’il y a les connexions. NextGraph, c’est vachement sur les données, alors que nous, on est quand même sur les connexions entre les gens. NextGraph, ils n’en parlent pas trop de ça. Alors que nous, on est quand même au niveau juste au-dessus, on fait interagir des gens ensemble. Les gens ont leur réseau, c’est des données personnelles, mais un peu particulières.

Locuteur 6 : Je me remets dans l’hypothèse où on parle de la plateforme comme n’étant pas celle d’ELFA, même si pour moi c’est une hypothèse qui reste bien, et étant donc celle de Reconnexion. Même dans cette hypothèse-là, ce que dit Antoine est parfaitement hyper important, il n’y a pas de modération des contenus. En plus, ils sont chiffrés. Comment tu vas modérer ce que tu ne connais pas ? Par contre, il y a choix par l’utilisateur. Si l’utilisateur veut choisir de prendre de la coke, on n’est pas là pour faire la police. Donc ça, c’est un choix, j’allais dire, de système politique, de gouvernance horizontale. On n’est pas là pour modérer les contenus. C’est un choix, à mon avis, très fondamental dans le projet, y compris pour un réseau sain. Le réseau sain, c’est que les gens ont le droit d’être différents. J’ai fini.

Locuteur 15 : C’est la place pour organiser les points de vue. Ça répond aux objectifs, la coopération, l’entraide, et ce n’est pas nos valeurs.

Locuteur 21 : Ça a des inconvénients. Ce n’est pas tes valeurs. Mais ça peut être nos valeurs, ce n’est pas les siennes.

Locuteur 14 : Toi, tu préfères la drogue de synthèse sur Internet et il y en a, ils préfèrent la drogue dans la rue.

Locuteur 2 : Est-ce que si je vais sur ce réseau-là, même si sur le réseau, en fait, il y a des applis qui ne sont pas maîtrisées, comme tu dis, ça peut être des applis, il y a d’autres, mais est-ce que pour autant, moi, mes données, elles sont bien protégées et donc on ne va pas m’aspirer, en fait ?

Locuteur 14 : Non, parce qu’en fait, quand tu veux brancher, on ne va pas parler d’installation, mais brancher une nouvelle application, tu vas dire ce que tu es d’accord de donner à cette application. Si toi, volontairement, tu dis je suis OK pour filer la liste de tous mes contacts à cette application pour faire ça sur son téléphone toute la journée, là, c’est ton problème.

Locuteur 15 : Comme quand tu installes une application sur ton téléphone.

Locuteur 22 : Sauf que l’application ne te donne pas vraiment le choix. C’est quand même ton consentement. En fait, elle le fait à ton insu ou à ton plein gré.

Locuteur 2 : Mais alors, ça veut dire que…

Locuteur 14 : WhatsApp, c’est son business model, quasiment. WhatsApp, il t’aspire toutes tes données de contact. Et il connaît tous les échanges que tu as toute la journée avec ton… Oui. C’est ça, son business model.

Locuteur 2 : Mais si je vais sur ce réseau et que j’ai une charte quelque part qui me dit… si tu prends cette appli… enfin, comment… c’est appli recommandée par Reconnexion.

Locuteur 14 : C’est une sorte de label. Appli recommandée par Reconnexion. Et Reconnexion a ces valeurs, ou ces intentions-là, en tout cas. C’est ça qu’il faut lister, donc.

Locuteur 2 : C’est là où je me sentirais sécurisée par rapport à ça.

Locuteur 14 : C’est un tiers de confiance. C’est un tiers de confiance.

Locuteur 13 : Justement, moi, ça m’appelle à repréciser que Reconnexion pour moi, aujourd’hui, c’est l’interopérabilité qui est basée sur NextGraph. Et quand tu parles du bouquet d’applications, c’est ça que la charte ne peut s’appliquer qu’à ce bouquet d’applications. Et c’est ça qu’il va falloir promouvoir. Et c’est ça qui va nous permettre de déployer, de commencer à se développer. C’est la même chose que vous avez fait avec Bienvenue Chez Moi.

Locuteur 13 : Viens chez vous aussi.

Locuteur 14 : C’est peut-être un conseil. Il y a eu l’Entraide de Paul. Là, il y aura Festibot pour aller à des événements.

Locuteur 13 : Et donc, il y aura un bouquet d’applications. Et c’est ça qui va être la promotion. Mais ça, comment… Ah oui, je voulais parler du mode CC. Creative Commons, applis open source, ça veut dire qu’on le met à la disposition de l’univers, c’est un bien commun, qu’on met à la disposition de l’univers, et puis derrière, il y a, nous, on promeut des applications vertueuses, le réseau…

Locuteur 13 : Reconnexion, c’est les applications vertueuses et puis il y a la possibilité de faire d’autres applications dans d’autres portefeuilles d’applications qui peuvent être addictives, comme tu l’as dit, et que le résultat c’est un bien commun, c’est de l’open source. Donc quelqu’un, une société, prend l’open source, propose la même chose en mettant des pubs, oui, elle peut. Et c’est les mêmes fonctionnalités. C’est Festibot, sauf qu’il y a de la pub pour Volkswagen en haut de Festibot. Ils font de la pub pour leur application, donc elle va se développer.

Locuteur 6 : Là, c’est vraiment pour bien valider ma compréhension technique, parce que là, pour moi, j’ai une compréhension jusqu’ici totalement inverse. Je précise encore, je parle donc d’une plateforme qui s’appelle Reconnexion, ça c’est bien, je parle de ce que j’ai compris. Ces applications vont être sur une plateforme.

Locuteur 13 : C’est le RSU, non ?

Locuteur 6 : Attends, j’ai rien compris. Alors, qu’on précise. J’ai compris que j’ai un portefeuille de données. Et ces portefeuilles de données peuvent ouvrir à diverses applications.

Locuteur 13 : Non, c’est de donner accès à tes données personnelles à des applications. C’est vraiment…

Locuteur 6 : M’ouvre à la visibilité de certaines applications.

Locuteur 6 : Ok, mais je continue quand même. Je n’ai pas encore compris ça, mais quand même. Pour moi, toute application qui m’arrive en proposition, par quelque biais que ce soit, même si ce n’est pas par la plateforme, c’est moi qui décide si je lui libère ou pas l’accès à mes données qui sont chiffrées. Donc, aucune application ne peut pomper aucune donnée de moi sans mon consentement.

Locuteur 6 : C’est ça.

Locuteur 6 : Comme WhatsApp.

Locuteur 2 : C’est OK.

Locuteur 6 : Comme WhatsApp.

Locuteur 6 : Sauf que WhatsApp, tu dis oui.

Locuteur 2 : Non, pas comme WhatsApp. WhatsApp, tu ne peux pas l’avoir si tu dis non.

Locuteur 6 : Donc, tu as consenti. Ce sera la même chose. Donc, tu as consenti.

Locuteur 2 : Mais là, on dit qu’on ne peut pas consentir.

Locuteur 6 : Ça, c’est « soit tu acceptes mes conditions, soit tu n’utilises pas l’application ». On est d’accord. Et tout le monde dit oui. Moi, y compris. Mais ça peut être pareil si j’ai une application.

Locuteur 2 : Alors, attends, c’est important la suite. Ça peut être pareil.

Locuteur 6 : Je reprécise quand même ma question, parce que pour moi, c’est l’identité de Reconnexion ou du projet global. Il dit non, certainement pas une plateforme. Quel est l’inconvénient, au lieu de dire juste c’est décentralisé, tralala, si on fait une plateforme Reconnexion qui accueille des apps, je ne cherche même pas à modérer les apps, à voir, ça fait un point de passage où il y a moyen de pouvoir garantir à l’utilisateur, même dans cette plateforme. C’est plus comme un store d’applications.

Locuteur 6 : App Store. Actuellement, tu as l’App Store quand tu es sur Apple.

Locuteur 6 : Oui, oui, j’entends très bien. Je vais dans l’App Store. Voilà, et donc, ça sera un store de plus.

Locuteur 14 : On pourra avoir le store de Reconnexion où, effectivement, on recense un certain nombre d’applications. Voilà. C’est tout ce qu’on peut faire.

Locuteur 6 : C’est une manière de dire, celles-là, on les a validées, mais du coup, pour les recenser, il faut les recenser.

Locuteur 14 : Oui, c’est sur l’App Store, donc… Oui, mais c’est pour… C’est plus un label, une mise en avant. C’est un tampon, on peut tamponner des applications.

Locuteur 6 : J’ai pas compris quand même, techniquement. Je croyais qu’une fois que j’ai, que je me suis, entre guillemets, connecté, comme tu sais, dans toutes les plateformes, il faut se connecter. Et après, tu es connu de la plateforme.

Locuteur 14 : Non, mais ce n’est pas comme ça.

Locuteur 6 : Et je croyais que, justement, le projet contenait d’éviter ces redondances de se connecter.

Locuteur 14 : C’est pour ça qu’on dit plutôt, tu autorises une application à se brancher sur ton portefeuille. Et pas sur l’intégralité en plus, sur que ce que tu as choisi. Tu ne te connectes pas à un truc, tu donnes accès à une application, à un certain nombre de tes données personnelles.

Locuteur 6 : Et quand j’ouvre l’application, elle ne me demande rien, parce que je l’ai ouverte.

Locuteur 14 : Si, la première fois…

Locuteur 6 : Ah, elle me demande une autorisation pour mes données.

Locuteur 4 : La première fois, il y a forcément une demande initiale, se connecter à ton identité, par exemple, savoir qui tu es.

Locuteur 4 : Oui, les conditions générales d’utilisation, machin, je ne regarde jamais.

Locuteur 4 : Non, non, je ne parle pas de la même chose.

Locuteur 4 : Comment ça sera ?

Locuteur 14 : Un outil de visio va te demander s’il a accès à ton microphone ou à ta caméra.

Locuteur 4 : Oui, il y aura des demandes qui sont usage par usage. Si jamais à ce moment-là, dans cette application-là, tu veux partager quelqu’un avec ton carnet d’adresses, peut-être que ça te demandera d’accéder à ton carnet d’adresses à ce moment-là. Les demandes, on essaiera qu’elles soient ciblées. Mais après, on ne contrôlera pas ce que les développeurs vont faire avec ces technologies. Il pourrait très bien y en avoir un qui va développer… il ne voudra pas s’embêter avec tout ça et il demandera dès le début, donnez-moi accès à tout.

Locuteur 2 : Et ça, on pourra l’avoir aussi dans le store ?

Locuteur 4 : Il sera libre de le faire en tant que développeur. Nous, on ne mettra pas en avant cette application-là parce qu’elle ne respectera pas la logique.

Locuteur 2 : Donc, on pourra quand même le mettre dans Reconnexion ? Est-ce qu’il y a un store ?

Locuteur 15 : Non, il ne sera pas dans le store. Il ne sera pas mis en avant par Reconnexion. La mise en avant, c’est différent. Est-ce qu’elle sera dans le store ? Il n’y a pas de store.

Locuteur 15 : Il vient de dire qu’il y a un store.

Locuteur 15 : Oui, mais on pourrait faire un store. On pourrait. C’est une bonne question.

Locuteur 4 : Reconnexion, promouvoir des applications. Oui, le store est un outil de promotion. C’est une promotion. Ce n’est pas un parc fermé, c’est une promotion. Et d’autres gens seront libres de créer d’autres applications différentes qui seront technologiquement branchées de la même manière, mais juste, elles pourront être totalement en désaccord avec l’éthique que nous avons par Reconnexion.

Locuteur 2 : Mais c’est pas Reconnexion quand même. Non, pas dans le store.

Locuteur 4 : Il n’y a pas de Reconnexion, c’est pas quelque chose de technique. C’est une structure juridique.

Locuteur 4 : C’est pas une structure juridique.

Locuteur 15 : Parce que le réseau social, pour moi, il relie toutes ces applications. Dans mon idée, parce que déjà, les réseaux sociaux, j’ai eu du mal à faire le lien avec ce que je connaissais. Pour moi, le réseau social dont vous parlez à Reconnexion, c’est un ensemble d’applications. Comme vous dites, recommandées ou approuvées, ou je ne sais pas quoi.

Locuteur 13 : Non, mais je pense que c’est important, c’est que là, on voit qu’on a une incompréhension entre le niveau qui est aujourd’hui en train de basculer en grande partie sur NextGraph, plus des composants que vous allez devoir développer pour pouvoir adresser, pour pouvoir permettre à des développeurs de mettre des applications.

Locuteur 13 : L’application, nous aujourd’hui, on a visé trois ou quatre premières applications pour faire la preuve de concept, et ça va être Reconnexion qui va porter ces applications, comme par exemple la première qui est Festibot qu’on a lancée. Mais après, les autres, c’est de dire, on va soutenir des développeurs pour venir utiliser la plateforme technique. Et puis derrière, Reconnexion va avoir pour mission quand même de développer la visibilité et promouvoir des bouquets d’applications. Et les autres, s’il y en a qui ne sont pas en cohérence avec l’éthique, on ne leur donnera pas de visibilité mais eux s’ils ont plus de moyens ils vont peut-être se développer comme tu dis beaucoup plus vite parce que…

Locuteur 14 : Parce qu’ils font de la pub sur Facebook.

Locuteur 13 : Voilà.

Locuteur 14 : En fait, à un moment donné dans le projet, on a parlé que Reconnexion puisse être un incubateur d’applications sociales. Et le rôle de l’incubateur, c’est de choisir les projets qu’il va incuber. Donc effectivement, on va demander quel est votre projet. Est-ce que vous êtes tout seul ou est-ce que vous êtes plusieurs ? Parce que nous, on veut faire plus de la co-construction. Donc voilà, vous êtes combien ? C’est quoi votre projet ? Comment vous comptez le réaliser ? Et on peut décider d’accompagner ça ou pas, si ça correspond à la raison d’être de l’organisation. S’ils veulent faire un truc qui est un tableur, c’est super votre truc, génial, mais nous, ce n’est pas notre rôle d’incuber un nouveau tableur basé sur NextGraph.

Locuteur 14 : Donc, on fait quand même des choix, en tant que structure juridique, pour le coup, de faire le choix soit d’accompagner la création de l’application, soit des gens qui l’auraient fait dans leur coin parce qu’ils ont compris la technologie et qui disent, est-ce que vous pourriez nous rajouter votre tampon ? Moi, je pense que ça correspond bien à votre raison d’être. Et là, on est presque au courant.

Locuteur 6 : Moi, je crois que j’ai mieux compris quelque chose. Je ne suis pas sûr que ce soit juste techniquement. Et moi, ce que je vois bien dans ce qu’on vient de se raconter, et ça peut paraître énorme, les apports d’outils techniques dont on parle ne sont pas dans la raison d’être de Reconnexion. Ça va devenir une partie qui va être transférée pour l’instant au consortium ELFA, et que Reconnexion contribue un peu, pas du tout, beaucoup, selon les urgences, c’est un problème qui existe, mais qui n’est pas le cœur de cible de Reconnexion.

Locuteur 6 : Le cœur de cible de Reconnexion n’est pas dans les outils techniques. C’est dans l’utilisation des outils techniques tels qu’ils vont être développés par ELFA, NextGraph, etc. Pour faire des applications saines.

Locuteur 6 : Est-ce que là, j’ai bien compris ?

Locuteur 14 : Pour grossir ce bouquet d’applications.

Locuteur 6 : Oui, non mais je veux dire, c’est important, parce qu’on est là dans… Non mais je vérifie. Dans la description du projet, je peux bien dire que le projet s’appuie sur des nouveautés techniques qui sont en cours avec des partenaires avec lesquels on est en contact, mais que la raison d’être et le cœur de cible du projet Reconnexion, réseau social sain ou… c’est de faciliter l’apparition d’applications saines en utilisant… On n’est pas là pour les outils techniques. Je sais juste dire le projet, ce n’est pas les outils techniques. On est d’accord.

Locuteur 6 : C’est nouveau, j’ai jamais dit ça avant. J’ai vu ce qu’il y a.

Locuteur 14 : En fait, il se trouve que historiquement, Sébastien, il portait aussi un moteur technique. Et donc du coup, effectivement, c’était très proche. Mais moi, dès le début, j’ai dit à Sébastien, il faudrait plutôt faire une association pour ActivityPod et avoir la raison d’être de l’organisation à côté. Donc moi, je voyais deux structures. Et là, il se trouve que si on abandonne ActivityPod et qu’il y a l’association NextGraph, on se soucie d’un même objectif, je m’en fous. Là, on se recentre sur notre raison d’être et c’est beaucoup plus clair.

Locuteur 15 : Moi, je pense qu’il faut bien préciser, effectivement, pour moi, la raison d’être, c’est de créer des outils utilisés par les gens. Ça, c’est une priorité. Là, vous avez créé un doute. C’est qu’à un moment donné, vous dites, on fait des applis sociales en CC, open source, etc. On peut les mettre avec nous, mais de toute façon, s’ils en font autre chose, c’est pas grave. Moi, j’ai envie de dire, s’ils en font un super site de narcotrafic, à l’image du site qui avait rassemblé tous les gens qui ont été violés, Madame Pelicot, tout de suite, ce site, il a pris un certain…

Locuteur 14 : C’est les narcotrafiquants qui ont violé des gens.

Locuteur 15 : Non, non, mais le site de Madame Pelicot, ils ont envie de le fermer tout de suite. Donc, il ne faudrait pas que Reconnexion, parce qu’il y a eu un… tout de suite, on paie les pots cassés.

Locuteur 14 : Il n’y a pas de site, donc on ne peut pas faire…

Locuteur 6 : Ma compagne arrive, il faut que je réponde.

Locuteur 14 : Comme il n’y a pas de site, on ne peut pas le faire.

Locuteur 23 : J’aimerais qu’on fasse aussi une météo.

Locuteur 4 : J’aimerais dire un truc, c’est que moi il y a deux strates, et une strate en bas qui est neutre, c’est la technologie, qui pourrait être NextGraph, c’est un protocole, c’est une technologie, c’est neutre, c’est pas orienté. Et au-dessus, il y a Reconnexion qui est orientée. C’est une vision qui est dans une certaine direction, plus humaine, plus saine, etc. Et les deux coexistent. Et il y aura d’autres alternatives à Reconnexion qui vont essayer d’amener la société dans une autre direction. C’est l’utilisation de la technique. Ce sera la même technique qui sera utilisée, mais les usages, ce sera d’aller vers le couteau. Ça sera d’aller vers plus d’extrême droite ou des choses qui nous déplorent fortement. Mais c’est un autre strate, c’est des alternatives. Et c’est comme ça que je le comprends.

Locuteur 2 : C’est comme le dark web, c’est ça. On dira, le Mastodon, c’est là où il y a le plus de pédocriminels, etc. Mais en même temps, c’est là où c’est libre, complètement.

Locuteur 23 : Moi qui suis un pédocriminel, c’est sur Telegram que je… Non, c’est dégueulasse.

Locuteur 2 : Non, mais statistiquement parlant, a priori, la quantité de comptes…

Locuteur 23 : Ça, c’est la partie visible, c’est encore…

Locuteur 2 : Oui, enfin, c’est l’idée de dire, c’est faisable, mais c’est là où c’est libre. Donc, on va autant trouver des choses bien, autant trouver des choses pas bien. C’est l’humain, quoi, en fait.

Locuteur 23 : Proposition, sachant que le temps est dépassé apparemment.

Locuteur 6 : Une petite météo de 5 minutes, moi j’adore. Une minute chacun, comment on va les prendre ? Qui veut commencer ? Moi, je peux. Je suis ravi, je suis impressionné. J’ai beaucoup mieux appris sur le projet. Je ne dis pas qu’on a le manifeste, mais ça va énormément clarifier plein de choses. Pourtant, Dieu sait que je suis là depuis quelque temps, que je patine pour avancer. Mais grand merci et pour ton envie et pour ton animation. J’ai fini.

Locuteur 2 : Moi, je vais suivre parce qu’effectivement aussi, je pense avoir compris peut-être un petit peu plus de trucs. Parce que je pense que j’ai un cerveau qui demande à avoir des cases. Et du coup, il faut que ce soit clair. Donc, je pense, mais je ne suis pas encore sûre, avoir éclairci quelques trucs. À continuer. Merci beaucoup.

Locuteur 4 : Le démarrage un peu poussif au début, je ne savais pas où on allait, je sentais qu’il y avait quelque chose qui me gênait, mais je suis content de ce qui a émergé, je trouve ça intéressant, il y a des mots qui sont sortis qui me semblent intéressants, je ne sais pas ce qu’on va en faire, mais ça me semble vraiment intéressant. On va faire un compte-rendu déjà. Oui, je suis content parce qu’il y a quand même des trucs à clarifier. Il y a une base qui est quand même posée.

Locuteur 14 : Et dessus, n’importe qui peut faire ce qu’il veut. Et déjà, ça, c’est politique, en fait. Ah oui, la neutralité. Ah oui, c’est déjà un point de vue.

Locuteur 14 : Et donc, bien comprendre que… qu’après ça va refléter l’état actuel du monde, ce qui va se passer au-dessus de ça. Après, il y en a qui peuvent essayer d’aller dans un sens ou dans un autre, mais les usages, ils se font ce qu’ils sont. Si tu vas attaquer quelqu’un avec, tu vas attaquer quelqu’un avec. Si tu veux faire la cuisine, tu fais la cuisine.

Locuteur 14 : Dans certaines situations, il n’y a pas besoin de te défendre contre quelqu’un qui t’agresse, tu vas prendre un couteau. Non mais voilà, ça dépend de plein de trucs.

Locuteur 19 : Bon, et sinon, je trouve que ce qui est dommage, c’est que comme tu étais animateur, tu as peut-être moins parlé aussi.

Locuteur 1 : Oui, merci. Moi, je suis ravie d’être là. Je n’avais pas réalisé de quoi il s’agissait, mais je suis ravie. Ce que je vois autour de moi, dans toute la zone dans laquelle j’évolue, tous les fils, les discussions, et qui souhaitent faire autre chose, mais qui ne savent pas faire.

Locuteur 1 : Le questionnement que j’ai, c’est comment les applis peuvent contribuer à faire de la connexion humaine réelle. Et là, j’aimerais voir. J’aimerais voir, vraiment.

Locuteur 19 : Tu as de quoi te réjouir. Tu as raté l’atelier d’hier.

Locuteur 24 : Je te ferai un petit…

Locuteur 1 : Et je faisais la reliance ailleurs. Oui, c’était la reliance. C’est pas rien de fait. Et je viens de rattraper.

Locuteur 19 : Et comment tu as vécu cet atelier-là, ce qu’on a partagé ?

Locuteur 1 : Alors, comment je l’ai vécu ? Moi, je suis toujours curieuse de comprendre des choses qui sont un peu complexes, contradictoires, floues. Donc, moi, je me régale. Moi, je me régale.

Locuteur 19 : C’est idéal.

Locuteur 1 : Moi, je me régale. Il y a des gens qui veulent chercher à se comprendre et qui ne sont pas sur les mêmes planètes. Bonheur. J’adore la complexité.

Locuteur 19 : Merci.

Locuteur 24 : C’est un bon endroit, je crois.

Locuteur 1 : La complexité, l’innovation, et puis le soutien à la vie.

Je suis très content que cet atelier ait eu lieu, et j’ai eu des discussions très intéressantes avec @slaivyn après coup. Je voulais juste répondre à cette partie précise:

Il y a déjà eu des dizaines de tentatives de réseaux sociaux qui voulaient être des alternatives aux GAFAM et qui se disaient « vertueux » ou « éthiques ». Ils sont tous morts ou sur le point de mourir. C’était d’ailleurs le point d’entrée du webinaire de juin dernier:

Je l’ai reprise dans une présentation récente du projet:

Le point différenciant de Reconnexion, c’est justement de dire: arrêtons de repartir sur des solutions en silo, car ça ne marche pas. Tout le monde essaie de tirer la couverture à soi, de devenir LE réseau alternatif. Et donc c’est pourquoi la notion d’universalité, au sens où n’importe quelle application peut se joindre au RSU, est centrale dans le projet Reconnexion.

Bien entendu, et c’est ce que j’ai évoqué après Sylvain, lorsqu’on aura un bouquet d’applications vraiment sociales, on aura pas forcément besoin de mettre en avant ces aspects techniques. Les applications elles-mêmes suffiront. Mais pour le moment, puisqu’il s’agit d’embarquer le maximum d’acteurs à choisir une architecture ouverte plutôt qu’en silo, il est essentiel de mettre en avant cet aspect.

très intéressant ce débat. je partage le point de vue que le différenciant ce sont les valeurs. Mais il faut aussi arriver à montrer que la technique sous-jacente est ce qui permet d’affirmer réellement ces valeurs, « par construction » et pas seulement par intention.
Et à ce sujet, personnellement je n’arrive toujours pas à comprendre sur quoi les applis du RSU doivent s’appuyer: activityPods ou nextgraph ? si on fait aujourd’hui sur AcivityPods le passage à Nextgraph sera-t-il facile? quelle est la maturité de ce socle technique ? typiquement, c’est déjà pas facile de produire une appli vertueuse qui marche (=qui trouve son matrché), mais si la partie technique est un défi en soi, ça augmente d’autant plus le risque (et donc une faible adoption du RSU par les concepteurs d’appli)…

Autre point: parler de RSU est effectivement à la fois fourre-tout et réducteur. « Universel » peut s’appliquer à tout réseau social ouvert. Et « réseau social » semble limiter le concept à de « simples » applis de messagerie / publication de contenus, alors qu’il me semble qu’on peut aussi développer des applis de mise en relation, d’entraide, de trocs de services, de « marketplace » - ou alors j’ai rien compris.

Dernier point: sur la licence open source, limiter à creative commons est peut-être une erreur car pas assez restrictive. il faudrait lancer un chantier juridique pour bien borner quelles sont les licences à privilégier ( AGPL, Peer Production License, JSON License…) - je pose ça là, je n’y connais rien !

j’oubliais un point: la transition depuis des applis déjà utilisées pour qu’elle soit facile pour le « grand public » qui se fout à 99% de la souveraineté et protection des données persos. Est-il possible dans un premier temps de permettre à des utilisateurs de se connecter à une appli du RSU avec leurs identifiants Google, Facebook voire France Connect, quitte à créer un pod perso « miroir » sans effort par un nouveau utilisateur ?