Agorapod: Donner une identité aux lieux, multiple, participative et décentralisée

L’idée d’Agorapod, fondée sur ActivityPod et sur l’Internet des Lieux (tel que défini sur https://theinternetofplaces.org ), est de fournir à l’ensemble de l’écosystème Reconnexion un moyen d’identifier, de relier et d’animer les lieux à travers une identité numérique ouverte, décentralisée et participative.

Chaque lieu (place publique, bâtiment, commerce ou site naturel) dispose ainsi de sa propre identité et peut partager les données, activités et interactions qui le concernent.
Ce modèle offre aux autres applications de l’écosystème liées à des lieux un concept standardisé et unifié, facilitant l’interopérabilité, la mutualisation des informations et la cohérence des services.

Avec Agorapod, les lieux deviennent des acteurs numériques à part entière, capables de dialoguer avec les personnes, les institutions et les communités.

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Hello,

Je vais le dire en préambule de tout mes messages : Les concepts, c’est mon travail de chercheur. Je critique pour éclairer les paradoxe contenus dans les concepts et pas pour détruire une idée. Si vous pensez que je détruis une idée ou que je suis « méchant », c’est votre problème (littéralement mentalement votre problème).

Ceci étant dits, je ne connaissais pas le concept.

J’ai quelques questions/ remarques :

  • Qui est derrière ce concept de Internet des Lieux ? Des sociologue, des chercheurs en informatique, des militants, des politiques, votre voisin ? Si ce sont des chercheurs, est-ce que cela a été publié ? Si oui, peut-on avoir l’article ?
  • Je cite « il reste paradoxalement difficile pour les citoyens d’obtenir des informations pertinentes et utiles sur leur environnement immédiat. » C’est le problème et la solution en même temps mais « Pertinentes et utiles » ça veut pas dire grand chose car ce qui est pertinent pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Je comprend que c’est ensuite précisé dans les principes et objectifs.
  • Les principes sont des objectifs.
  • Du point de vue de la philosophie des techniques, je trouve ça super intéressant comme approche. Si on considère un lieux comme milieu de plusieurs techniques effectivement utilisée par dans la vie de tout les jours alors on peut considérer utile pour les utilisateurs de documenter les techniques possibles dans un milieu donné ainsi que ces effets directs et indirects selon la compréhension qu’en ont à la fois les utilisateurs et la méthode scientifique. C’est d’ailleurs le postulat de plusieurs champs de Design (Design for Value, Transition Design) et de philosophe des techniques (Sclove en premier lieu qui parle d’effets focal d’une technique) et de technologues comme Simondon.

En résumé, je trouve l’idée super intéressante mais elle demanderait je pense à être précisé dans son application : Qu’est-ce qui est considéré comme utile ? Comme pertinent ? Est-ce qu’on fait une différence entre les deux ? Pourquoi vouloir rendre l’accès universelle ? Est-ce que la modification est possible par tout le monde ou seulement les utilisateurs ? et on pourrait poursuivre les questions.

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Hello,

En préambule, ma réponse à ton préambule : j’apprécie toute critique constructive, en particulier lorsque celle-ci est bien construite et amène une réflexion supplémentaire. Donc merci.

En ce qui concerne l’Internet des Lieux, j’ai mis le lien vers un manifeste engagé que j’ai écrit et mis en ligne pour partager la vision que je développe. Ce manifeste est un work in progress et c’est très volontiers que je prendrai en compte tes retours pour l’améliorer.

Cependant, l’Internet des Lieux (Internet of Places, IoP) n’est pas seulement une idée militante, mais un concept académique développé notamment par John M. Carroll et son équipe à l’Université de Penn State (USA) entre 2015 et 2019. Pour comprendre sa définition de ce concept, tu peux consulter le chapitre suivant, disponible en ligne : The Internet of Places at Community-Scale.

De mon côté, la découverte et l’utilisation du concept d’Internet des Lieux sont liées à mon poste de responsable de la transformation numérique à la Ville de Bienne. Depuis 2019, je cherche à améliorer la communication de notre administration avec les citoyens, et le concept d’IoP m’a semblé très pertinent. Cela m’a amené à créer une plateforme (centralisée pour l’instant) pour relier des lieux avec du contenu en ligne : www.spotin.ch.

J’ai également commencé un draft pour un cadre de développement plus concret que j’ai appelé « hyperespace urbain ». Si tu es intéressé, tu trouveras ici ce draft.

L’aspect philosophie des techniques que tu mentionnes est effectivement très intéressant. Mais n’étant pas compétent dans ce domaine, je ne peux le commenter pour l’instant.

Je pense effectivement que beaucoup de questions restent ouvertes et je me tiens également à disposition pour en discuter plus en détail.

En somme, en utilisant les éléments ci-dessus, AgoraPod permettrait de faire des lieux des acteurs numériques à part entière, porteurs d’une identité ouverte et interopérable, au service d’un écosystème réellement décentralisé et participatif.

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Hello, merci pour ton retour.

J’ai parcouru les ressources que tu as partagées.

Pour l’instant, j’ai l’impression d’avoir accès :

  • A la vision,
  • Aux principes,
  • Au code (avec l’article de l’hyperspace urbain)
  • A une application du concept (spotin.ch)

Par contre, sur l’application du concept (pas dans le sens informatique), je suis perdu. Je ne vois pas la différence avec une streetmaps (ou une google maps) où je rajouterais mes points d’intérêts et que je partagerai à mes amis. Donc je ne vois pas la différence avec ce que j’utilise déjà et je n’ai pas trouvé d’endroit où comprendre cette différence sur le site. De la même manière, je ne comprend pas comment utiliser le site.

Au plaisir de continuer cet échange =)

Merci pour ton retour, je viens de le voir, désolé.

Je vais essayer de répondre avec un exemple concret, en prenant la gestion d’événements autour d’un lieu, avec Mobilizon par exemple.

Imaginons un tiers-lieu, une place publique ou une salle associative.

Sans internet des lieux et Agorapod

Chaque collectif crée ses événements sur une instance Mobilizon (par exemple).

Le public doit :

  • connaître l’instance,
  • suivre les bons comptes,
  • ou tomber dessus par hasard.

Le lieu n’a aucune identité numérique propre : il est juste une adresse répétée (ou un lien Google map) .

Avec l’Internet des lieux et Agorapod

Le lieu possède une identité numérique dédiée et partagée (un “Agorapod”).

Cette identité :

  • référence le lieu,
  • expose ses usages,
  • agrège ce qui s’y passe (comme un annuaire).
  • est disponible pour l’ensemble du Fediverse et ses applications

Les événements Mobilizon :

  • restent hébergés là où ils sont (décentralisation),
  • mais sont rattachés au lieu via son identité.

Résultat :

Le lieu devient un hub événementiel vivant.

Un visiteur peut voir :

  • ce qui s’y passe aujourd’hui,
  • ce qui s’y passe habituellement,
  • quels collectifs y sont actifs,
  • quels types d’événements émergent.

Est-ce que cet exemple événementiel explicite mieux le concept ?

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Wow Merci c’est super clair !

C’est incroyable :heart_eyes:

Je suis retourné sur Spotin et c’était plus compréhensible du coup. Ce qui m’avait étonné c’est qu’il y a aussi des parcours de sport et des sites touristiques. Et j’étais pas tombé sur Scopout-culture aussi.

Je me permet de partager ce que ce à quoi ton exemple me fait penser.

J’imaginais une application sur laquelle je peux voir une liste des Agorapod autour de moi quand je me ballade. (Simple j’imagine ^^)

Aussi, les personnes qui utilisent le lieu (une salle asociative, un tiers-lieu, etc.) remplissent leur activités sur leurs réseaux numériques qui sont récupérées par Agorapod. Et cela implique de savoir comment interopérer leurs réseaux.

Et pour chaque agorapod, dans les cas où il y a des utilisateurs, on aurait une interface simple et clair personnalisable par les utilisateurs du lieu. Il faudrait afficher des choses pertinentes automatiquement et pouvoir filtrer pour avoir différente vue (Dans le style de spotout)

Enfin, cela implique une gouvernance pour la gestion commune de l’agora (la personnalisation du flux, la possibilité de mettre en avant certaines chose dans la page d’accueil).

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